CéCiBon.... de lire.

22 février 2012

Sans Mobile Apparent d'Arnaud Papin

001Avez-vous déjà lu un livre où le narrateur lui-même cherche à se disculper d'une série de meurtres à connotation sexuelle qui parviennent les uns après les autres dans son sillage ?
Sans mobile apparent entraîne le lecteur dans une intrigue à rebondissements qui prend place entre l'Angleterre, le Maroc, et la France.
Le narrateur nous fait pénétrer dans les coulisses d'une agence de développement personnel Londonienne, avant d'embarquer son lecteur au travers d'un périple touristique au pays du soleil qui tourne au vinaigre : l'une des participantes disparaît dans des conditions étranges. C'est la seconde cliente à qui cela arrive. Philippe Ray, coach pas très convaincu par son métier, doute fortement que ses clientes se soient donné à la mort volontairement. Il décide de mener l'enquête, notamment parce qu'une Juge le tient dans son collimateur et colle deux énergumènes de la brigade criminelle à ses trousses...
Vous ne trouverez pas d'autre moyen de ne pas vous triturer l'esprit trop longtemps que de dévorer l'ouvrage le plus rapidement possible pour en connaître la chute inattendue.

Premier roman d'Arnaud Papin, il faut avouer que le sujet est plus qu'intéressant.

Un coach en développement personnel voit ses clientes décimées une à une et comprend très vite que pour la police, mais surtout pour la juge chargée de l'enquête, il est le coupable idéal.

Il décide alors de mener lui-même l'enquête pour faire montre de son innocence, ce qui va le mener sur des pistes différentes jusqu'au dénouement final, complétement inattendu. Pour toute aide : sa capacité à évaluer des profils psychologiques, qualité indispensable à la réalisation de son métier.

Le récit est écrit à la première personne, ce qui lui donne une crédibilité supplémentaire. D'autant qu'Arnaud Papin a fait le choix d'un langage "vrai", comme si vous êtiez assis devant une tasse à discuter avec un ami de longue date qui vous raconte ses dernières péripéties.

L'histoire est bien menée, il n'y a pas de temps mort, l'écriture est fluide, le rythme haletant.

Petit plus, j'ai redécouvert avec plaisir "L'étranger" de Baudelaire, et "Le Jardin des Délices" de Bosch... et ça, j'aime quand un livre m'ouvre sur d'autres petites merveilles.

Les protagonistes de cette histoire passant par Essaouira, et comme je sais que vous aimez voyager, je vous propose un vol direct pour le soleil :


Mogador

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19 février 2012

Fractale de Marin Ledun

001 Fin de journée à SAUDIS Corporate, cabinet de conseil en placement de produits financiers. Un message d'alerte incendie est lancé. Six employés, trois hommes et trois femmes, gagnent le troisième sous-sol, conformément aux indications. Ils pensent à un exercice de sécurité. Mais quand les portes de l'ascenseur se referment derrière eux, ils réalisent qu'ils n'ont plus aucun moyen de remonter. Commence alors une attente épuisante où l'exercice se révèle être un jeu sordide dont chacun devra trouver les règles pour survivre.

 

Il s'agissait pour moi d'une découverte de l'auteur Marin Ledun, dont j'ai très souvent entendu parler ces derniers temps.

  Le sujet de ce livre m'a particulièrement interpellée puisque l'histoire se déroule au sein même d'une entreprise.

 Imaginez : 

Vous recevez un message vous indiquant une alerte incendie et vous demandant de respecter les normes de sécurité.
Après vous être mis en lieu sûr, vous constatez que vous êtes entourés de 5 de vos collègues, et que tous, vous représentez ce qui est considéré comme l'Elite de votre entreprise.
Très vite la question se pose :

 Pourquoi vous 6 ??

 Et le sentiment de malaise devient encore plus intense, lorsque les protagonistes constatent qu'ils sont coincés dans ce sous-sol sans aucun moyen d'en sortir.

Les conditions du huis-clos vont alors très vite faire ressortir ce qu'il y a de meilleur, puis ce qu'il y a de pire en eux... Jusqu'au dénouement final...

L'écriture est ciselée et noire, il faut dire que c'est une petite nouvelle de 90 pages, donc l'auteur ne s'embarrasse pas de descriptions superflues. L'histoire décrit un monde professionnel dur, et sans concession.

Après une telle lecture, je crois que je vais regarder mes collègues d'un autre oeil.

J'ai beaucoup aimé, et comme il s'agit également d'une création radiophonique produite par France Culture, je vous propose, en un petit clic, de l'écouter (pour provoquer, pourquoi pas, l'envie de lire)

direct

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16 février 2012

Brida de Paulo Coelho

002

 

 

Brida, jeune irlandaise à la recherche de la Connaissance, éprouve depuis toujours le profond désir d'explorer les voies de la magie et de la sorcellerie. Sa quête la mène vers des personnes d'une grande sagesse, qui lui font découvrir le monde spirituel. Elle apprend ainsi à vaincre ses peurs, à croire en la bonté de l'univers, à danser au rythme du Monde. Mais l'amour s'en mêle et met Brida face à un dilemme : est-elle prête à tout quitter pour devenir sorcière ?

 

Voilà un moment que je n'avais pas lu de livre de Paul Coelho. Je me suis donc plongée avec plaisir dans cette nouvelle histoire.

Brida, jeune fille innocente, désire comprendre les mystères de la magieet notamment ce qu'elle appelle "La Tradition de la Lune" et "La Tradition du Soleil".
Pour se faire, elle va devoir rencontrer différentes personnes qui deviendront tour à tour ses maîtres de magie. Elles l'aideront surtout dans une profonde introspection qui lui permettra de mieux se connaître et d'évoluer dans sa vie.

 Si vous avez déjà lu un livre de Paulo Coelho, vous vous douterez surement que le fond de la quête de Brida est de découvrir l'Amour et ses clés. 

(rassurez-vous je ne dévoile rien de secret, nous le découvrons très vite dans l'histoire)

L'une de ses premières leçons sera d'ailleurs la suivante :

"Elle redoutait la souffrance, la perte, l'inévitable séparation.
Evidemment, elles étaient toujours présentes sur la route de l'amour, et la seule manière de les éviter, c'était de renoncer à parcourir cette route.
Pour ne pas souffrir, il fallait aussi ne pas aimer."

J'ai toujours aimé me plonger dans les contes philosophiques de Paulo Coelho. Cependant, avec cette histoire-ci, j'ai peut être un peu moins adhéré.

Et vous, l'avez-vous lu ?

 

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15 février 2012

Sortie Littéraire

Cher Vous,

Aujourd'hui, sors en librairie :

Couv-e1325944665147La détresse d’une femme amnésique, une tragique balade en mer, un ange qui tue, les sévices ou la solitude, le sacrifice de jeunes albinos en Afrique, un racket infernal, le piège d’une pickpocket, un dingue du scalpel, la bête humaine, le drôle de journal intime d’une petite fille autiste… 15 auteurs, 15 talents, 15 histoires très noires pour illustrer la différence et décrire ce terrible regard qui pourrit la vie de toutes les victimes d’une discrimination. Déroutant, dérangeant, parfois insoutenable, voici un recueil à lire et à partager avec émotion, parce que derrière ces histoires, il y a toujours quelqu’un qui souffre et en crève… Noir, intense et engagé !

   

Je sais par avance que vous n'avez certainement pas besoin d'un long discours pour vous convaincre de vous plonger dans ce recueil de nouvelles. Malgré tout, pour qu'on soit bien d'accord, vous et moi, j'ajouterais que :

- Lire un recueil de nouvelles permet de découvrir de nouveaux univers et de nouveaux auteurs, et quand on aime lire, la tentation devient énorme, non ?

- Tous les auteurs qui ont participé l'ont fait avec conviction et, de nos jours, il est quand même bon de croiser des gens qui assument ce qu'ils pensent.

Allez, cher Vous, je sais déjà que votre librairie préférée vous attends alors je vous laisse avec le teaser, juste pour bien finir d'enfoncer le clou.

 A Tout Bientôt


CéciBon

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13 février 2012

Les Heures souterraines de Delphine de Vigan

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Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour mai.

Les Heures souterraines, qui fut finaliste pour le prix Goncourt, est un roman vibrant sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur où l'on risque de se perdre, sans aucun bruit.

 


 

Je poursuis ma découverte de Delphine de Vigan avec ce livre qui attendait depuis un petit moment dans ma PAL.

 Tout comme dans No et Moi dont je vous parlais récemment, Delphine de Vigan dresse le portrait de notre société dans ce qu'elle peut avoir de plus sombre et de plus triste.

 Mathilde et Thibault habitent tous deux Paris, ont les mêmes aspirations, les mêmes envies.
Il arrive qu'ils se croisent, parce que le hasard veut qu'ils fréquentent les mêmes endroits... Et pourtant, ils ne se voient pas.

Tous les deux souffrent d'être seuls, seuls au milieu de la foule. 

Je suis définitivement conquise par l'écriture de Delphine de Vigan et pourtant, il n'y a pas de concession. A chaque page, nous sommes plongés dans le quotidien de Mathilde ou de Thibault et assistons à leur lente descente vers la solitude.

Je me rends compte que je dresse un bilan sombre de ce livre et pourtant, ce n'est absolument pas l'impression qu'il me laisse. Parce qu'il y a aussi beaucoup de tendresse et de légèreté dans ces quelques pages.

Comme deux avis valentmieux qu'un, je vous conseille un petit tour sur le billet d'Alex-mot-à-mots, histoire de continuer de vous convaincre...

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10 février 2012

Il est mort le poète de Marcus Malte

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A quatre mois de l'élection présidentielle, le candidat de l'opposition, Antoine Simiac, caracole en tête des sondages. Jeune et charismatique, il est surnommé "le poète" par ses supporteurs, en raison de ses envolées lyriques lors de ses discours. La présidence de la République lui semble promise. Jusqu'au jour où trois balles de gros calibre mettent un terme à sa fulgurante ascension.


 

 

 Initialement, Il est mort le poète est une création radiophonique produite par France Culture.
Le texte a donc un format "'pièce de théâtre" qui m'a légèrement déconcertée au début de ma lecture.

Mais, très vite, je suis complètement entrée dans ce jeu de pouvoir, de manipulation, de pression politique et de violence brute.

Le texte est très court mais il résume l'essentiel : certains sont prêts à tout pour réussir... et malheur à celui qui se trouvera sur leur passage et n'abondera pas dans leur sens.

Le texte est noir et satyrique comme aime le faire Marcus Malte.... et à quelques mois des présidentielles, il laisse songeur.

Si, plutôt que de lire le texte, vous préférez l'écouter :

direct

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07 février 2012

Le Turquetto de Metin Arditi

004Se pourrait-il qu'un tableau célèbre -dont la signature présente une anomalie chromatique- soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait "Le Turquetto" (le petit Turc) ?
Metin Arditi s'est intéressé à ce personnage. Né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), ce fils d'un employé du marché aux esclaves s'exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Sous une identité d'emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise une oeuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d'art sacré byzantin. Il est au sommet de sa gloire lorsqu'une liaison le dévoile et l'amène à comparaître devant les tribunaux de Venise...
Metin Arditi dépeint à plaisir le foisonnement du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessin et d'images, son soudain départ... Puis le lecteur retrouve le Turquetto à l'âge mûr, marié et reconnu, artiste pris dans les subtilités des rivalités vénitiennes, en cette faste période de la Renaissance où s'accomplissent son ascension puis sa chute.

A la lecture du billet de Totalybrune, j'ai de suite été attirée par ce livre. Et comme c'est une amie extra(lucide), elle m'en a fait cadeau pour mon anniversaire.

Avant de vous parler de l'histoire en elle-même, je tiens à préciser que je suis absolument fan du format des livres de cette maison d'édition, Actes Sud, de la largeur d'un poche mais légèrement plus haut mais aussi de la qualité d'impression (pas une coquille à relever ce qui est de plus en plus rare malheureusement) et du papier épais et juste granuleux comme je l'aime.

Mais, revenons en à l'histoire... parce que c'est un véritable bonheur que cette plongée dans le XVI° siècle offerte par Metin Arditi.

Dès le premier chapitre, nous sommes transporté dans la Constantinople de 1531 et faisons la découverte du petit Elie. Celui-ci ne rêve que d'une chose : dessiner. Malheureusement, né de confession juive, la reproduction de l'humain sous toutes ses formes lui est interdite.
Aussi, lorsqu'il perd son père, et parce qu'il a souvent entendu des marchands vénitiens parler de l'énergie artistique de la Sérénissime, il décide de fuir Constantinople pour Venise où il intégrera l'atelier du très grand Titien.

Nous le retrouvons alors devenu adulte, sous le nom que lui a donné Titien à savoir "Le Turquetto", et vivons avec lui son ascension phénoménale mais également, malheureusement, sa chute.

Peut-être vous dites vous, à la lecture du résumé, qu'il s'agit d'un cours d'Histoire de l'Art et que ce livre doit être bien ennuyeux pour quelqu'un qui ne serait pas amateur de peinture. Alors, je vous répondrais : Absolument pas.

L'écriture de Metin Arditi est simple, colorée, bruyante et rythmée. Elle nous transporte dans le Grand Bazar de Constantinople comme dans les palais de Venise pour mieux nous permettre d'absorber les différents thèmes abordés : la Filiation, la Religion, la Politique, les Jeux de Pouvoir mais surtout l'Art.

Pour finir, parce que c'est beau, mais surtout parce qu'il s'agit du tableau du Titien qui serait à attribuer au Turquetto, je vous quitte avec "L'Homme au gant" :

gloves

 

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04 février 2012

Wan & Ted de Kamash et Jean-Marie Dutey

002Wan est un jeune homme français d'origine chinoise, un peu enveloppé. Andrée-Nadine, alias Ted, est... une jeune femme. De cela, au moins, on en est sûr. Wan est un flemmard nourri aux aventures de Sherlock Holmes. Ted est une bosseuse dopée à Bruce Lee et Jean-Claude Van Damme. Wan est proche de sa trop nombreuse famille. Ted est solitaire. Wan fantasme sur la voisine d'en face, une blonde à gros seins. Ted fantasme également sur la voisine d'en face. Wan est détective privé, spécialisé dans l'investigation. Ted est détective privée, préposée aux arrestations musclées.

Tous deux forment Wan & Ted, l'Agence de chasseurs de primes. Célèbre ? Pas encore, mais, avec le potentiel des deux protagonistes et les capacités extraordinaires de Buzz, ordinateur poète surpuissant aux composants mystérieux, cela ne saurait tarder.

C'est sur la suggestion de Kamash, l'un des auteurs, que j'ai découvert ce polar original dans bien des domaines.

Pour commencer, les protagonistes sont loin d'être les héros habituels de polar. Wan et Ted sont complétement atypiques et lorsqu'on les découvre, on se demande bien comment des personnes aussi opposées peuvent bien travailler ensemble.

Ensuite, par le format de l'histoire. En fait, il s'agirait plutôt d'une succession de nouvelles basées chacune sur une enquête différente mais dans lesquelles nous retrouvons des fils conducteurs (Un rêve de Wan, une arrestation musclée, et la fin chez Ted).

Mais enfin et surtout, l'écriture est d'un loufoque, bourrée de jeux de mots et d'humour corrosif qui m'ont fait rire à chacune des pages.

Il faut aussi que je précise que le format de ce livre est vraiment agréable, la couverture souple et la taille de caractères permettent un très bon confort de lecture. Et la qualité de papier est plus qu'appréciable.

Si je vous ai convaincu de découvrir Wan & Ted, n'hésitez pas et allez vite faire un tour sur le site d'Oxymoron Editions... Pour ma part, je pense que la suite des aventures de Wan & Ted devrait arriver chez moi d'ici peu.

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01 février 2012

Un hiver avec Baudelaire de Harold Cobert

001Sa femme l'a mis dehors, son CDD n'est pas prolongé. Philippe est happé dans une spirale infernale et passe de l'autre côté de la barrière sociale : SDF, confronté à la dure loi de la rue, faite de solitude, de honte et de violence. Jusqu'au jour où il rencontre Baudelaire.
Grâce à cet inénarrable compagnon d'infortune, et avec l'aide d'un vendeur de kebab, d'une riche veuve et d'une dame pipi, il réussit à remonter la pente. Et à retourner à une vie normale.

Plongée sans fard dans le quotidien des plus démunis, Un hiver avec Baudelaire, en mêlant romanesque et réalité sociale, poésie et âpreté, nous rappelle à quel point est précaire l'équilibre qui régit nos vies.

Une fois de plus, c'est à ma copine Dorsi que je dois ce très beau moment de lecture.

A la vue du résumé, je m'attendais à des passages très difficiles, à assister, en voyeuse confortablement installée au chaud sous ma couette, à la descente aux enfers de Philippe, cet homme ordinaire dont l'univers bascule du jour au lendemain pour finir par se résumer ainsi :

"L'avenir se vit au présent. Un présent qui ne se conjugue pas. Ou uniquement au mode infinitif. Parce que aujourd'hui ressemble à hier, et demain à aujourd'hui." 

Bien sur, l'écriture d'Harold Cobert est sans concession. L'auteur nous décrit sans faux semblant la dure réalité de la vie dans la rue, du froid, de la violence, de la dignité qu'on essaie de sauver le plus longtemps possible mais qui finit par échapper malgré tout.
Il décrit aussi avec beaucoup de vérité les centres d'accueil, l'hiver, plein à craquer, pleins de bruit, pleins de saleté mais aussi de surprises... parce que, malheureusement, ils n'hébergent pas que des gens de la rue mais aussi des jeunes gens paumés dans la vie, des jeunes travailleurs qui ne gagnent pas assez pour se loger et puis, de vieilles personnes qui ne peuvent pas vivre dignement malgré leurs années de travail.

Alors, oui, ce livre donne une bonne claque et rappelle que cette descente brutale, malheureusement, ne peut épargner personne. Mais, il donne aussi une merveilleuse leçon d'espoir. Parce que s'il faut peu d'événements pour dégringoler l'échelle sociale, il faut aussi peu de choses pour la remonter, barreau après  barreau, pour retrouver une vie normale, ou plus exactement, une vie tout court.

C'est un livre plein d'humanité, de poésie et de justesse que je vous recommande chaudement.

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29 janvier 2012

Interview de Gilles Caillot

Chers Vous,

Si la petite chronique de ce matin vous a tapé dans l'oeil, si vous avez noté la référence du livre, j'espère que la petite surprise qui suit va finir de vous convaincre.

Gilles Caillot, l'auteur, a très gentiment accepté de nous livrer une interview que je vous laisse savourer tranquillement :

 

        Bonjour Gilles et avant toute chose, un grand merci d’avoir accepté d’être le parrain de cette nouvelle rubrique.

 G.C. : C’est pour moi un grand plaisir d’avoir été choisi comme parrain. C’est même un grand honneur. Ça démontre que mon travail commence à être reconnu et suscite de plus en plus l’intérêt des lecteurs. Et ça, ça fait vraiment du bien. Car comme, je l’ai déjà évoqué lors d’autres interviews, le métier d’écrivain est terriblement solitaire. Les rencontres et les témoignages d’intérêt sont de formidables moteurs de créativité. Sans eux, je crois que je me serai arrêté d’écrire.

       Vous êtes ingénieur de formation, qu’est-ce qui vous a amené à devenir auteur ?

 G.C. : C’est exact. Je suis Ingénieur en mécanique développement. Cursus scientifique pur beurre… Première S, Bac C, DUT de mécanique et productique, école d’ingénieur (INSA Lyon) puis un DESS CAAE (pour devenir chef d’entreprise). Hormis ce dernier diplôme beaucoup plus généraliste, en résumé : des maths, des maths et encore des maths. J’étais d’ailleurs une véritable bille en français et ne faisait rien pour m’améliorer. Depuis, ça a bien changé.

Ce qui m’a amené à l’écriture, hum… Je crois que c’est certainement le plaisir de raconter des histoires. Jeune adulte, j’ai écrit quelques nouvelles d’horreur. Je me rappelle que cette expérience m’avait beaucoup amusé. Lors de mon entrée dans la vie professionnelle, j’ai laissé tomber la chose (je  n’avais plus vraiment de temps pour ça) puis ai vécu sans poser une seule ligne sur papier pendant plus de 10 ans.

C’est ma lecture de la trilogie du mal de Maxime Chattam qui a été le déclencheur. Son univers s’apparentait tellement au mien, qu’à la fin de la fin du troisième volet, j’ai pris mon PC et ai commencé à écrire l’ange du mal. 9 mois après, il était terminé.

          "L'apparence de la chair est un "roman à tiroirs". Comment avez-vous procédé pour son écriture, comme l'histoire nous est présentée dans le roman final ou avez-vous écrit les différentes phases pour ensuite les mélanger ?" 

G.C. : J’écris toujours dans l’ordre. Ça me permet de suivre le déroulement exact du roman et de vivre les scènes avec mes personnages. C’est important pour moi.

Pour l’organisation du texte et ses rebondissements, les différentes histoires menées en parallèle sont solidement inscrites dans ma tête. Bon, je m’aide aussi d’un tableau Excel pour coordonner et vérifier la cohérence des situations. Ce tableau s’enrichit au fur et à mesure de l’avancement du roman.

La différence principale de l’Apparence de la chair avec mes premiers bouquins réside principalement dans ma connaissance affirmée de la fin. Elle ne pouvait pas changer. J’avais d’ailleurs écrit l’épilogue dès le 1er tiers du roman. C’est donc beaucoup plus contraint que j’ai dû avancer dans le récit. D’un autre côté, cela permet une meilleure maîtrise.

           Le personnage principal est une femme, comment vous êtes vous glissé dans la peau d’une femme ?

 G.C. : Rires… Bonne question. D’autant plus que vu la façon dont le roman est écrit (première personne du singulier), il fallait que cela soit crédible même dans la façon de penser de Sylvie. C’était un vrai challenge.

Ne sachant pas comment faire, j’ai demandé à une puissance supérieure (Dieu dans ce cas bien précis) de me transformer en fille (et vi, avec tout le matos nécessaire) pour découvrir les mystères de  la gent féminine. Je peux vous dire aujourd'hui que j’ai appris beaucoup de choses…

Quoi, vous ne me croyez pas ?! Zut, alors !!!

Mais vous avez raison ! C’est n’importe quoi ! Surtout pour le matos (sûrement un vieux fantasme persistant ;))

Allez, redevenons sérieux…

Se mettre dans la peau d’une femme est loin d’être évident. Les hommes sont vraiment différents du sexe opposé, pas câblés du tout de la même façon. La perception des situations et les réactions sont souvent différentes, voire contradictoires.

Donc j’ai commencé à écrire des scènes en essayant de rentrer le plus possible dans mon rôle puis les ai relues avec une extrême attention en me disant en permanence : OK, là tu es une femme… Qu’est-ce que tu ferais ? Qu’attendrais-tu de la situation ? Es-tu certain qu’elle réagirait de cette façon.

Et puis des lectrices m’ont donné leur point de vue et ça m’a permis d’ôter certaines boulettes. Rha… on ne devient pas une femme aussi rapidement.

En tout cas, c’était une belle expérience. À refaire !

            Franck Thilliez qualifie votre roman de bluffant, quel a été votre sentiment face à ce compliment ?

 G.C. : J’en suis extrêmement fier. Avec Maxime (Chattam) et quelques autres, Franck fait partie de mes modèles. J’adore vraiment son univers sombre et torturé. Petite cerise sur le gâteau, il prend un malin plaisir à jouer avec ses lecteurs (notamment en y mêlant astucieusement des aspects scientifiques qui font froid dans le dos) et je trouve ça formidable. J’essaye d’ailleurs d’en faire autant, mais dans un autre registre.

Donc un compliment de sa part… Que rêver de mieux ?!

               Pour terminer, un mot pour vos lecteurs.

 G.C. : Depuis que j’ai commencé à écrire, mon petit cercle de lecteurs s’est agrandi pour compter aujourd’hui un bon millier de fidèles. Pourtant, malgré le nombre et même si j’ai de moins en moins de temps à leur accorder, je ne les oublie pas. Au contraire. Ils sont capitaux. Car ce sont eux qui me donnent cette envie, cette force nécessaire pour entamer l’écriture d’un nouvel opus et supporter cette nouvelle plongée dans la solitude du métier d’auteur. Un grand merci à eux pour leur enthousiasme. Je vous aime !  

                Merci Gilles d’avoir répondu à ces quelques questions. Cécile et moi vous souhaitons que le succès soit au rendez-vous.

 G.C. : Merci beaucoup. Ça fait chaud au cœur. On va croiser les doigts.

 

L’apparence de la chair de Gilles Caillot aux Editions du Toucan depuis le 11 janvier 2012.

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