Donc j’avais lu partout que MARSAULT c’est le mal

Une incarnation du diable, fachiste, raciste, homophobe, phallocrate, bref une belle ordure réactionnaire. Mais moi, vous me connaissez Mes Très Chers Vous, je n’ai peur de rien, je suis un aventurier, alors j’ai acheté les livres.

Pas de Service-Presse, surtout pas, vu que c’est le mal, je paye, et comme ça je me le descends peinard dans une chronique[1], que ce soit le dessinateur ou l’éditeur, vont pas venir me marcher sur les Doc', j’ai payé le bouquin !

Sauf que…

J’ai un souci, et pas des moindres, j’ai vraiment aimé.

Déjà le trait...

Le mec il a la même classe que Maître Gotlib[2]. Du noir et blanc chiadé, du détail, belle encrage. C’est important l’encrage dans ce style de dessin, mal fait, ça gâche… Non franchement le gars a vraiment du talent. Les visages, les expressions, la mise en case (Tu noteras que moi non plus je ne sais pas si cela s’emploi, mise en case, mais ça claque, c’est un peu la mise en page d’une vignette).

Ensuite c’est drôle, vraiment. Bon c’est sûr, si tu n’aimes pas l’humour noir, mais bien noir, passe ton chemin, ce n’est pas la peine.

Puis si en plus tu n’as pas un peu d’autodérision, c’est foutu… car oui, le gars il tire sur tout le monde, même sur lui. D’ailleurs son personnage principal, un chauve musculeux à lunettes noires, un peu comme votre serviteur, un dénommé Eugène, flingue à tout va. Alors il n’épargne ni les handicapés, ni les femmes, ni les homos, ni les écolos, ni les… bref personne n’échappe à l’encre sulfureuse de Marsault.

Ok parfois il va loin, mais Doux Lecteur, te souviens-tu de la douce époque d’Hara-Kiri ?

Non, que c’est dommage…

Tu aurais pu te dire que le professeur Choron, un soir de cuite avait engrossé Gébé et que le fruit de leurs amours ben c’est Marsault.

Ensuite ce que pense, vote, fait (fous le verbe que tu veux) Marsault en dehors de ses dessins, je m’en bats les couilles avec un pelle à tarte rouillée, pour te dire. J’ai bien sûr ouïe dire des débats et moult provocations, à chacun de faire sa promotion comme il le souhaite. Ce que je sais, c’est que ce mec est un putain de dessinateur, qu’il a un humour noir très poussé, et que j’ai passé un excellent moment.

En plus le garçon s’est même prêté au jeu de faire les deux dessins que je voulais, merci m’sieur.

breum
Breum #1 Attention ça va piquer de Marsault
Ring Editions
En librairie depuis le 27 Octobre 2016
97 pages, 18 €

Né en 1988 dans la banlieue Parisienne, Marsault quitte l'école à 16 ans et travaille comme manoeuvre de chantier. Dessinant d'abord pour faire rigoler ses copains de comptoir, il décide rapidement de passer à la vitesse supérieure. Il apprend le métier seul et selon la technique classique : papier, crayon, encre, hargne et Gitanes sans filtre. Ne bénéficiant des conseils d'aucun professeur (" Les écoles c'est pour les fiottes "), il forge sa technique en étudiant la bande-dessinée des années 70-80, Gotlib en tête, à qui il voue un culte sans limites. 
Pendant presque dix ans, il cumule travail manuel et dessin dans la même journée. D'un naturel peu porté sur la réflexion et la subtilité, il impose un style de BD efficace, brutal et sans détours.

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Breum #2 Blindage et Liberté de Marsault
Ring Editions
En librairie depuis le 27 octobre 2016
96 pages, 18 €



[1] Même pas… jamais je ne descends, je laisse ça aux frigides, aux bande-mou, aux pisse-vinaigre, aux pots de pue… C’est si facile de foutre en l’air un livre ou un auteur.

[2] Putain Marcel, t’avais pas l’droit de mourir !