lescontesdéfaits

Les contes défaits d'Oscar Lalo
Belfond
En librairie le 18 Août 2016
217 pages, 18,00 €
Service Presse

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... C'est ainsi que commencent les contes défaits.

L'histoire est celle d'un enfant et de l'adulte qu'il ne pourra pas devenir.

Je suis sans fondations. Ils m'ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m'empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s'y inscrit s'évapore.

Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence...
Et c'est en écrivant l'indicible avec ce premier roman qu'il est entré de façon magistrale en littérature.

Les contes défaits, c'est l'histoire d'un homme qui n'aura jamais réussi à le devenir vraiment... Oh, bien sûr, il aura grandi, fait des études (brillantes d'ailleurs), exercer une profession (plutôt prestigieuse), ne se sera pas marié, n'aura pas eu d'enfants... et quand il voudra comprendre pourquoi sa vie aura été si difficile à vivre, il va commencer un journal intime dans lequel il va vite comprendre pourquoi son :

"[...]malheur, c'est que tous les chemins mènent à l'homme."

Cet homme, dont on ne connaîtra jamais l'identité, finalement, va devoir redevenir le petit garçon de 2 ans dont la mère a lâché la main pour qu'il monte dans un train, vers une colonie où il passera ses vacances mais dont il ne reviendra jamais tout à fait.

Petit à petit, au fil des chapitres, ce petit garçon raconte, comme il peut, comment la Méchante Reine régit leur journée dans la froideur la plus totale (elle n'est pas capable de douceur, de caresse et de réconfort), comment le Méchant Loup vient les border chaque soir (et brodigue les caresses, trop, celles qu'on ne comprend pas vraiment), comment le dortoir de cette grande maison va devenir sa grotte pleine d'osbcurité et de tristesse :

" Je fus pourtant extrait du dortoir des garçons baptisé  "la chambre de la grand-mère”.
La chambre de la grand-mère est comme chacun sait, la préférée du loup.
Mais ça c’est une autre histoire. Enfin c’est toute l’histoire."

Et comme ce petit garçon est trop jeune pour exprimer ce qui le blesse, trop jeune pour être écouté par les adultes, trop jeune pour être pris au sérieux...

"Ce sont nos parents qui nous conduisaient au train.
A qui se plaindre quand c'est la police qui vous livre ?"

Et comme il y a des univers dans lesquels certaines choses ne se disent pas....

Et comme personne ne veut voir.....

Il va devoir devenir un adulte comme il peut, bancale un peu, incomplet beaucoup, malheureux à la folie.

Et comme toute l'histoire de ce petit garçon est emplie de silences, c'est dans ce qu'Oscar Lalo ne dit pas que toute l'histoire trouve sa puissance.

La présentation de l'auteur par Belfond indique :

"Oscar Lalo a passé sa vie à écrire des plaidoiries, des cours de droit,
des chansons, des scenarii.
Quand est venu le moment d'écrire
Les Contes défaits, il n'y avait plus de mots disponibles.
Alors il les a inventés, et il est devenu écrivain."

Et incontestablement, ce premier roman annonce la naissance d'un écrivain de grand talent qui, par ses mots justement choisis, ses phrases magnifiquement ciselées, son rythme fluide et doux, explore le silence pour raconter l'indicible, transperce le coeur du lecteur, le laisse pantois, sonné, incroyablement bouleversé et... sans voix !

 

La première phrase :

"Ce qui est arrivé ne m'est pas arrivé."