Ne les crois pas de Sebastian Fitzek

Yann May est au téléphone avec Leoni sa fiancée. La liaison est mauvaise. Pourtant, il l'entend dire : "Ne les crois pas. Quoi qu'ils te disent... ne les crois pas... "
Alors qu'il est encore en ligne, un policier sonne et lui annonce la mort accidentelle de Leoni, une heure plus tôt...
Huit mois ont passé. Ira Samin, une psychologue de la police, a décidé d'en finir. Alors qu'elle s'apprête à passer à l'acte, un de ses collègues vient la chercher pour l'emmener dans une station de radio où un forcené a pris des otages et menace de les abattre.
Ira, chargée de conduire les négociations, comprend bien vite que Yann a tenté ce coup de poker pour retrouver Leoni, qu'il se refuse à croire morte.
Et certains de ses arguments sont troublants...
"Thérapie", le premier roman de Sebastian Fitzek, m'ayant laissé un excellent souvenir, j'attendais avec impatience de me plonger dans ce thriller.
Ici, l'auteur nous emmène dans une intrigue bien plus classique : un homme reçoit un message énigmatique de sa fiancée. Lorsque le décès de celle-ci lui ait annoncé, il refuse d'y croire.... et pour enfin connaître le mot de la fin, il prend en otage l'animateur vedette d'une radio ainsi que les gagnants d'un concours permettant d'assister à une émission.
Pour négocier, il sera mis en face d'un flic (en l'occurrence, une femme) amochée par la vie et qui n'a plus grand chose à perdre.
A eux deux, ils tenteront alors de rétablir la vérité.
Même si l'écriture est fluide et l'action bien amenée, j'avoue que j'attendais un retournement de situation aussi prometteur que celui de Thérapie. Malheureusement, je n'ai pas été surprise.
Peut être est-ce du à la qualité du tout premier roman qui a fait que j'attendais l'auteur au tournant sur ce deuxième, peut-être est-ce parce que je lis souvent des thrillers et que je deviens difficile en la matière, je n'en sais rien.
Toutefois, je dois reconnaître que j'ai passé un bon moment. C'est plutôt le genre de lecture à conserver pour un voyage, ou comme ça, pour passer le temps.
Et comme, je n'aime pas faire de chronique mitigée, je vous conseille de faire un tour par chez Isabel & Léo, et par chez Isa, pour avoir d'autres avis.
Les fantômes du Delta d'Aurélien Molas
Le Delta du Niger, l'enfer sur terre : marées noires dévastatrices, paysans réduits à la famine, guérilleros traqués par des militaires sanguinaires.
Pour les multinationales qui en exploitent l'or noir, une manne.
Mais aujourd'hui, elles ont peut être trouvé mieux que le pétrole...
Face à leur cynisme, que pèsent les idéaux de deux médecins humanitaires bien décidés à ne pas les laisser faire ?
L'Afrique et ses fantômes hantent cette odyssée pleine de violence et de fureur.
Eloge de l'espoir, fresque épique tout autant que thriller, Les Fantômes du Delta confirme l'incroyable talent d'Aurélien Molas pour instiller dans le suspense cette soif du mal qui ronge les hommes.
A la différence de Totalybrune, il s'agit, pour moi, d'une découverte de l'auteur Aurélien Molas, bien que Les Fantômes du Delta soit son deuxième roman.
A la lecture de la quatrième de couverture, j'ai de suite été attirée par le sujet, et ce pour deux raisons : l'histoire se passe en Afrique et, manifestement, les héros ne sont pas des officiers de police mais des médecins humanitaires.
Et, comme de fait, dès les premières lignes, nous sommes transportés au Nigeria, pays ravagé par les guérillas, la famine, la pauvreté, la violence extrême.
Dans un orphelinat, Naïs est confiée au Père David, prêtre missionnaire, qui tente tant bien que mal de tenir en bonne santé les enfants qui lui sont confiés.
Quelques années plus tard, Jacques et Benjamin, Médecins sans frontière, doivent inspecter un orphelinat dans une partie reculée du pays. A leur tour, ils croisent la route de Naïs et se retrouvent propulsés dans une histoire qui va très vite les dépasser.
Pourquoi est-ce que tant de personnes cherchent à s'emparer de cette enfant ? Que vient faire dans cette histoire le dirigeant du MEND ? Quels sont les intérêts politique en cause pour que la vie de Naïs intéresse tant de monde ?
Tous les éléments sont ainsi réunis pour nous emmener dans une aventure qui, bien que se déroulant sur plusieurs années, est menée à un train d'enfer.
Beaucoup de questions sont abordées au fil de cette histoire : l'emplacement stratégique du Delta du Niger (grosse zone d'exploitation pétrolière), les guérillas entre ethnies armées jusqu'aux dents et prêtes à toutes les violences, le rôle des humanitaires qui tentent d'apporter chaque jour un maximum de soin dans les conditions les plus extrêmes, et enfin, l'horreur absolue dans plusieurs pays d'Afrique, ce que l'on appelle "les enfants-sorciers".
Je m'attendais à lire un polar et je me suis retrouvée dans une histoire palpitante au style journalistique proche de celui de Jean-Christophe Grangé. C'est une plongée dans l'Afrique avec toutes ses ambivalences, d'un côté exploitée par les occidentaux pour en récolter toutes les richesses, et d'un autre, secourue par les mêmes pays qui envoient des humanitaires dont les moyens restent bien limités face à l'ampleur de la tâche.
Je me suis posées milles questions au sujet de Naïs, de son identité et de son rôle. Et bien que j'aie eu très vite quelques soupçons, l'histoire est tellement bien écrite que je n'ai, à aucun moment, éprouvée une minute d'ennui au fil de ces quelques 515 pages. D'autant que l'écriture est très visuelle (d'ailleurs, je ne serais pas surprise d'une adaptation cinématographique)et donne l'impression d'être plongée au coeur d'un film bruyant, violent, pertubant et quoiqu'il en soit certainement captivant, sans aucun doute.
Aurélien Molas, dès la sortie de son premier roman, a été annoncé comme un jeune auteur français à suivre de près. Son talent se confirme avec Les fantômes du Delta.
Tueurs au sommet de Fabio M. Mitchelli
Clément Augagneur est chroniquer de faits divers pour un quotidien lyonnais. Un matin, il est attiré par un gros titre en première page d'un journal concurrent. Il apprend que des mystérieuses disparitions d'enfants ont lieu dans un village savoyard, un canton calme et sans histoires.
Patrick Bigot, son chef de rédaction, entrevoit dans cette affaire hors du commun une opportunité pour le journal et envoie Clément sur l'enquête en cours. Le jeune journaliste va aussitôt faire la connaissance de Jean-Paul Masson, un ex-flic démis de ses fonctions depuis plusieurs mois. Celui-ci dévoile à Clément les dessous d'une affaire sordide qui avait défrayé la chronique neuf ans plus tôt et qui avait été pour lui le début d'une longue glissade au coeur des enfers. Obsédé par les affaires criminelles concernant les enfants, Jean-Paul tente de s'associer au jeune journaliste lyonnais afin de résoudre cette sombre affaire qui plonge le hameau savoyard dans la terreur depuis quelques semaines.
Clément est alors embarqué dans une machinerie démentielle, un engrenage infernal qui va l'immerger dans l'horreur...
Un extraordinaire voyage aux confins du mal et de l'amour ; une vertigineuse plongée dans les bas-fonds de l'âme humaine...
Second thriller de Fabio M. Mitchelli, l'ambiance est ici radicalement différente de celle de "La Verticale du Fou" puisque nous voilà embarqué en Savoie.
Clément Augagneur, jeune journaliste, est envoyé par son journal pour couvrir de mystérieuses disparitions d'enfants.
Il va alors croiser une galerie de personnages, tous à très forte personnalité et, au risque de sa vie, va devoir oeuvrer pour sauver des vies.
Si ce livre démarre comme un thriller à la structure plutôt classique (un jeune journaliste croise un flic abîmé pour tenter de résoudre une histoire sordide et démoniaque d'enlévement d'enfants), il suffit d'un chapitre pour plonger dans l'univers si particulier propre à Fabio M. Mitchelli.
Une fois de plus, l'auteur nous emmène à la verticale de notre Monde pour découvrir un autre univers où tous nos systèmes de pensée ne sont plus valables et où tout semble encore envisageable.
Mais, où est la vérité ? Qui existe ? Quels sont réellement les faits ? Qui peut encore changer les choses ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
A chacune des pages, et dès les toutes premières, j'ai eu la chair de poule, l'ambiance est glaçante, et, pour autant, la machinerie est tellement bien mise en place que je n'ai pu redescendre des sommets qu'à la dernière page tournée.
Avant de vous laisser avec un petit aperçu de l'ambiance musicale, je vous pose la question : Oserez-vous tenter l'ascension de ses sommets ?
Le requiem des Abysses de Maxime Chattam
Au début des années 1900, la France est en proie à d'étranges phénomènes. A Paris, les momies disparaissent des musées, les médiums succombent à des morts mystérieuses, et les rumeurs les plus folles courent les cercles occultes.
A quelques kilomètres de là, dans les campagnes, une chose sans nom décime des familles entières selon des rites d'une infinie barbarie.
Hanté par ses propres démons, fasciné par le Mal, le romancier Guy de Timée se lance à la poursuite de la créature.
Seconde partie d'un diptyque commencé avec Léviatemps, ce livre dormait dans ma PAL depuis sa sortie.
Je ne m'étais pas encore plongée dedans tout simplement parce que je n'avais que moyennement adhéré au premier volet de l'histoire.
En effet, j'avais trouvé que "Léviatemps" restait à la surface des choses alors que le cadre (l'exposition universelle de 1900) et le sujet donnaient matière à beaucoup plus de rebondissements.
Il semblerait que Maxime Chattam ai usé dans ce diptyque d'un moyen très ingénieux qui consiste à complètement rebondir dans ce deuxième opus qui donne toutes les clés.
Et c'est avec un vrai plaisir que j'ai retrouvé Guy de Timée et Faustine, qui ce sont mis au vert pour oublier les difficiles événements parisiens auxquels ils ont assistés dans Léviatemps. Ils sont malheureusement très vite confrontés à des crimes d'une horreur absolue qui tétanisent la population du Vexin.
Guy de Timée ne résistera pas longtemps à son besoin d'explorer le Mal et se lancera très vite à corps Âme perdue dans cette enquête jusqu'à ce que la disparition de Faustine ne lui laisse plus d'autre choix : découvrir qui est à l'origine de ces ignominies.
Mes réticences quant à ce livre ont vite été oubliées et, j'ai rapidement suivi Guy pour connaître enfin le dénouement de cette étrange histoire.
Le mécanisme est implacable, l'histoire est rondement menée, nous descendons dans ce qu'il y a de pire dans l'Âme humaine, comme seul Maxime Chattam sait nous y emmener.
Si vous n'êtes pas encore tout à fait certain de vouloir vous plonger dans cette histoire, n'hésitez pas à passer par chez Totalybrune, son billet finira surement de vous convaincre.
Le Rituel des Minotaures
Le rituel des minotaures est un roman puzzle ; chaque paragraphe est une pièce du tableau final. Les lecteurs sont invités à rassembler les pièces de l'intrigue une à une.
L'histoire se déroule dans le sud de la France. Des personnages et des événements qui n'ont rien en commun apparaissent tour à tour : Lam, une jeune étudiante en ethnologie, découvre que son frère se drogue et le prends en filature ; une étrange épidémie régionale atteint les femmes dans leur fertilité ; le commissaire Moréno et le jeune inspecteur Jughull sont chargés d'enquêter sur une série de meurtres animaliers. Les atrocités commises sur les taureaux camarguais remettent en cause le bon déroulement de la Féria de Nîmes. Un journaliste du Midi-Libre s'intéresse tant à l'affaire qu'il en oublie l'équilibre de son couple. Ces personnages ne nourrissent aucun lien visible, mais les apparences sont trompeuses, et les zones d'ombres s'éclairciront peu à peu pour laisser place à une aventure rocambolesque et forte en cohérence.
Le mois dernier, je vous présentais le premier roman d'Arnaud Papin, "Sans Mobile Apparent".
Devant la qualité de ce thriller, c'est tout naturellement que j'ai proposé à ma Copine Préférée, Totalybrune, de faire du "Rituel des Minotaures", deuxième roman d'Arnaud Papin, notre lecture commune de ce mois de mars.
Si "Sans Mobile Apparent" m'avait plus que plu du fait de son sujet hors du commun, j'ai trouvé ici un thriller, peut être plus polar que thriller d'ailleurs, à la structure un peu plus classique.
En effet, nous suivons le commissaire Moréno et l'inspecteur Jughull sur une enquête bien particulière : des taureaux camarguais sont retrouvés étrangement tués dans les manades de leur propriétaire.
Alors qu'ils font cette étrange découverte, une deuxième enquête leur arrive : une jeune fille est arrêtée pour l'enlèvrement d'un bébé sans que personne ne comprenne trop bien son geste.
Nous allons croiser d'autres personnages tout à fait atypiques également : une jeune étudiante asiatique, son frère au comportement étrange, un professeur d'ethnologie, un journaliste et sa femme...
Chacun de ces personnages vont être suivis à tour de rôle et apporteront une petite pierre à cet étrange édifice qui finira par donner la solution de l'énigme aux deux policiers. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que le dénouement est plus que surprenant.
Une fois de plus, Arnaud Papin m'a convaincu par son écriture rapide et percutante, par les thèmes abordés risqués mais finement mis en place mais également par son intrigue parfaitement menée pour tenir en haleine son lecteur jusqu'à la dernière page.
Pour finir, avant de nous retrouver pour notre petite surprise de 15h00, juste un extrait :
"Ce serait trop facile de semer sa graine et puis voilà, hop, rajouter une existence aux milliards de milliards d'existences déjà passées, et trépassées... Moreno ne digérerait jamais la mort de sa fille.
Cette mort lui était restée en travers, en travers de l'âme, en travers du coeur, en travers de l'esprit, en travers de la vie."
L'homme aux papillons de David Moitet
Curieux cadavre que cet homme en costume, congelé semble-t-il, une enveloppe à la main !
Et curieux destinataire pour ce morbide courrier...
Pour Alex Ablance, commandant à la Brigade Criminelle, rien n'explique que l'assassin s'adresse personnellement à lui. Surtout pas ce poème porteur de vengeance : Mat en quatre coups.
Quel rôle peut donc jouer le jeune policier sur cet échiquier : un pion, le roi ?
Accusé par son unité, pourchassé par son passé, Ablance n'est pas loin de se sentir le fou dans cette partie...
Deuxième lecture commune partagée avec Totalybrune et Dorsi ce mois-ci, L'homme aux papillons est le second roman de David Moitet.
Nous faisons la connaissance d'Alex Ablance, Commandant de Police, et de son équipe. Alors qu'ils viennent de boucler une arrestation musclée, Alex Ablance est appelé de toute urgence sur une autre affaire. Un cadavre a été retrouvé dans une maison. Il porte sur le torse une enveloppe au nom du jeune Commandant de Police. A l'intérieur de celle-ci, il va trouver une photo et un étrange poème. Commence alors pour Ablance, 10 jours d'une folle intensité afin de découvrir qui est l'homme congelé et surtout en quoi est-il concerné par cette mort ?
Si la structure de l'histoire est assez classique, il faut avouer que ce thriller est absolument bien écrit. Il n'y a pas de temps mort, chaque chapitre annonce la date, le lieu et l'heure et permet ainsi de se positionner dans l'espace temps. Ces petites précisions donnent un rythme à l'histoire et surtout permet de prendre conscience que tous les événements se déroulent à une vitesse hallucinante : en quelques jours, la vie d'Alex Ablance bascule complètement.
Tous les protagonistes ont de vraie personnalité et jouent un rôle important. A chaque instant, j'ai émis des hypothèses pour finalement me répéter : "Oui, mais tout le monde ment"... Et même si j'ai eu assez tôt dans l'histoire des doutes sur le rôle malsain de certains personnages, le dénouement a réussi à me surprendre.
Je n'ai pas encore lu le premier roman de David Moitet mais s’il est à la hauteur de celui-ci, je peux vous dire que nous avons là un jeune auteur à suivre de près.
D'ailleurs, le troisième roman est sorti le 5 Janvier dernier, je vous laisse le découvrir :
La rédemption du Marchand de sable de Tom Piccirilli
Depuis que Killjoy a assassiné sa petite fille, la vie d'Eddie Whitt n'est plus qu'un long cauchemar... Il a tout perdu, sa femme a sombré dans la folie, il a quitté son travail et choisi de traquer sans répit celui qu'on surnomme le Tueur à l'oreiller ou le Marchand de sable.
Lorsqu'il réapparaît quelques années plus tard, Killjoy a changé. Il ne tue plus. Il enlève des enfants maltraités par leurs parents pour les donner aux familles endeuillées par sa faute. Dans de longues lettres tourmentées, il tente d'expliquer à Eddie ce qu'il fait.
Entre le père désespéré et l'assassin en quête de rédemption va se nouer une étrange relation faite de folie et de fascination...
Ce livre a beaucoup fait parler de lui dans la blogosphère, aussi, quand Dorsi a proposé de me le prêter, c'est avec plaisir que j'ai accepté.
Le résumé m'a attiré par le point de vue particulier : un Serial Killer essaie de faire amende honorable en donnant des enfants maltraités dans leur famille aux parents qu'il avait privés de leur propre progéniture.
Reconnaissez que ce n'est pas banal !!!
Toute l'histoire tourne autour de Eddie Whitt, le seul père qui n'a jamais laissé le temps affaiblir sa haine de Killjoy, mais aussi le seul que l'assassin contacte régulièrement par courrier. Un jeu du chat et de la souris démarre alors entre ces deux hommes, l'un prêt à tout pour anéantir celui qui a fait voler sa vie en éclat, et l'autre prêt à tout pour faire reconnaître le génie de son œuvre.
Il y a bien sur beaucoup de violence dans les sentiments d'Eddie Whitt, et les seules personnes qui pourraient lui jeter la pierre sont celles qui n'ont jamais dit : "Celui qui touche à un cheveu de mon enfant est un homme mort."
Alors, voilà, l'histoire est prometteuse. Et pourtant, je ne suis pas du tout entrée dedans. Le style de l'auteur ne m'a pas plu et j'ai eu l'impression au fil des pages de me plonger dans un long délire schizophrénique. Les lettres de Killjoy sont complètement délirantes, Eddie Whitt a des hallucinations.... Bref, vraiment bizarre et difficile à suivre pour moi, cette histoire.
Toutefois, comme il en faut pour tous les goûts, je vous conseille de faire un tour sur le billet de MyaRosa, qui n'a pas tout à fait le même avis que moi.
Sans Mobile Apparent d'Arnaud Papin
Avez-vous déjà lu un livre où le narrateur lui-même cherche à se disculper d'une série de meurtres à connotation sexuelle qui parviennent les uns après les autres dans son sillage ?
Sans mobile apparent entraîne le lecteur dans une intrigue à rebondissements qui prend place entre l'Angleterre, le Maroc, et la France.
Le narrateur nous fait pénétrer dans les coulisses d'une agence de développement personnel Londonienne, avant d'embarquer son lecteur au travers d'un périple touristique au pays du soleil qui tourne au vinaigre : l'une des participantes disparaît dans des conditions étranges. C'est la seconde cliente à qui cela arrive. Philippe Ray, coach pas très convaincu par son métier, doute fortement que ses clientes se soient donné à la mort volontairement. Il décide de mener l'enquête, notamment parce qu'une Juge le tient dans son collimateur et colle deux énergumènes de la brigade criminelle à ses trousses...
Vous ne trouverez pas d'autre moyen de ne pas vous triturer l'esprit trop longtemps que de dévorer l'ouvrage le plus rapidement possible pour en connaître la chute inattendue.
Premier roman d'Arnaud Papin, il faut avouer que le sujet est plus qu'intéressant.
Un coach en développement personnel voit ses clientes décimées une à une et comprend très vite que pour la police, mais surtout pour la juge chargée de l'enquête, il est le coupable idéal.
Il décide alors de mener lui-même l'enquête pour faire montre de son innocence, ce qui va le mener sur des pistes différentes jusqu'au dénouement final, complétement inattendu. Pour toute aide : sa capacité à évaluer des profils psychologiques, qualité indispensable à la réalisation de son métier.
Le récit est écrit à la première personne, ce qui lui donne une crédibilité supplémentaire. D'autant qu'Arnaud Papin a fait le choix d'un langage "vrai", comme si vous êtiez assis devant une tasse à discuter avec un ami de longue date qui vous raconte ses dernières péripéties.
L'histoire est bien menée, il n'y a pas de temps mort, l'écriture est fluide, le rythme haletant.
Petit plus, j'ai redécouvert avec plaisir "L'étranger" de Baudelaire, et "Le Jardin des Délices" de Bosch... et ça, j'aime quand un livre m'ouvre sur d'autres petites merveilles.
Les protagonistes de cette histoire passant par Essaouira, et comme je sais que vous aimez voyager, je vous propose un vol direct pour le soleil :
L'Apparence de la Chair de Gilles Caillot
Pour la capitaine de police Sylvie Branetti, la vie s'est arrêtée il y a quinze ans, lorsque le tueur qu'elle poursuivait a enlevé sa fille Lila avant de disparaître. Après un passage obligé en hôpital psychiatrique et des séances régulières de psychothérapie et d'hypnose, elle se raccroche à un seul objectif : savoir ce qui est arrivé à Lila.
La découverte d'un cadavre mutilé, arborant la même signature que celle du monstre qu'elle a croisé par le passé, la propulse à nouveau dans l'horreur. Mais elle a cette fois une espérance : connaître enfin la vérité. Accompagnée de Paul Bénito, son ancien amant, elle veut suivre avec acharnement les traces laissées par le bourreau et mène une enquête aux confins de la réalité, un parcours peuplé de rêves étranges qui la submergent de plus en plus. Où cela pourra-t-il finir ? Et si tout n'était qu'apparence ?
Bienvenue dans le chaos.
Il s'agissait pour moi d'une découverte complète puisque je n'avais pas encore lu de livre de Gilles Caillot.
Et, Wahou !!! Quelle découverte !!!
J'ai de suite éprouvé de l'empathie pour Sylvie Branetti, Lieutenant de police bien abîmée par la vie, mais qui essaie malgré tout de rester debout, droit dans ses bottes.
Alors, lorsqu'elle voit arriver le bout de son tunnel en réintégrant l'équipe qui enquête sur le psychopathe qui l'a privée de sa fille, je l'ai suivie sans hésiter dans ses journées intenses, dans ses nuits peuplées de cauchemars, dans ses flash-back qui révèlent petit à petit certains éléments.
Je me suis posée beaucoup de questions, j'ai suivi des tas de pistes, je suis restée éveillée presque toute une nuit parce que je voulais absolument savoir.
J'ai tout imaginé... Sauf la fin.
Alors, j'espère que Monsieur Thilliez n'a pas déposé de copyright, parce que je n'ai qu'une chose à vous dire : Plongez vite dans "L'apparence de la chair", ce livre est absolument "Bluffant !"
Si vous êtes passé par ce blog hier, vous aurez compris qu'il s'agissait de ma première lecture commune avec Totalybrune... et si vous êtes vraiment très très sages, revenez faire un tour par ici vers 15h, une surprise vous attend.
La beauté du mal de Rebecca James
Les contraires s'attirent, c'est bien connu. Au lycée à plus forte raison. Ainsi rien ne prédisposait Katherine, l'introvertie traumatisée par un passé douloureux, à se rapprocher d'Alice. La populaire, la sexy, l'incendiaire Alice, point de mire de tous les regards.
Leur amitié étonne, détonne. Jusqu'à exploser. La fragilité de l'une nourrit la cruauté de l'autre. La torture psychologique ne fait que commencer, et ses racines s'insinuent au plus profond d'un âge qui n'a plus rien de "tendre"...
Une nouvelle fois, je dois cette lecture à ma copine Dorsi, pourvoyeuse officielle de littérature.
Katherine, après le drame qui a frappé sa famille, a décidé de changer de vie. Elle a changé de ville, de lycée, de nom, de look et applique avec une grande obstination le fameux dicton "Pour vivre heureux, vivons caché".
A sa grande surprise, c'est Alice, la bombe du lycée, celle dont tout le monde rêve d'obtenir ne serait-ce qu'un regard, qui vient la sortir de son anonymat et lui proposer son amitié.
Le duo va vite devenir inséparable, pour le meilleur... mais surtout pour le pire.
Un très bon thriller psychologique au suspens bien mené... peut être un peu classique mais qui, à mon sens, peut convenir aussi bien aux adolescents qu'aux adultes.
Bien que j'ai très vite compris le manège de l'une des protagonistes, j'avoue avoir eu envie de tourner les pages pour connaître le dénouement final qui ne m'a pas déçue.
Il s'agit donc d'un roman efficace que je vous conseille pour passer un week end tranquille au chaud avec une bonne tasse de thé et un carré de chocolat.



