Lignes de sang de Gilles Caillot
Richard Granjon, écrivain à la dérive, voit dans l'écriture de son prochain roman l'ultime chance de relancer sa carrière. Celui-ci sera noir, gore, rempli d'hémoglobine... Aux antipodes de ses précédents ouvrages. Mais rapidement, la tranquillité de sa retraite sera ébranlée. Manipulé, poussé à bout par un être sanguinaire et dénué de toute humanité, il vivra un véritable cauchemar éveillé.
Jacques Depierre et Marc Amarante, lieutenants à la Criminelle de Lyon traquent depuis plus de six mois un étrange tueur qui sème sur sa route des cadavres amputés d'une partie de leur féminité. L'enlèvement de Camille, leur coéquipière, scellera leurs sorts.
Un jeu de piste macabre...
Une enquête terrifiante qui les emmènera à la frontière du monde réel et des bas-fonds d'Internet.
Grâce à Totalybrune (son billet, là), je continue ma découverte de l'écriture de Gilles Caillot, qui m'avait ravie avec L'apparence de la chair en janvier dernier.
Avec Lignes de sang, nous faisons la connaissance d'une équipe de policiers, dont Camille Evalisa qui va se retrouver entre les mains d'un étrange serial killer qui sème des indices dans l'univers virtuel de Second Life.
L'équipe de policiers se retrouve alors confronter à un assassin d'un style tout particulier, d'une violence inouïe et qui prend un malin plaisir à les mener d'une scène de crime à l'autre jusqu'au dénouement final absolument atroce.
Même si une petite ampoule s'est vite allumée dans le coin de ma tête en me disant "mais oui bon sang, c'est lui, l'en***ré", je me suis laissée complètement emmenée dans cette histoire avec la certitude que je devais me tromper.
Le rythme est excellent, l'histoire est très bien construite et les personnages donnent envie de mieux les connaître. L'écriture de Gilles Caillot donne envie de toujours tourner les pages pour connaître le dénouement de l'histoire.
C'était donc un vrai bon moment de lecture, que je vous conseille si vous aimez les psychopathes gore, très gore, voir très très gore.
Wan & Ted - Experts sans gain de Kamash
Wan est un jeune français d'origine asiatique, un peu enveloppé et lymphatique. Il est nourri aux aventures de Sherlock Holmes.
Ted est une jeune femme menue. Experte dans les combats à mains nues, elle n'a rien à envier à Bruce Lee.
Outre maintenir à flot leur Agence de détectives "Wan & Ted", le duo a un autre passe-temps commun, baver devant les courbes généreuses de la blonde voisine. Habitués aux petites affaires de disparitions ou d'adultères, ils sont embauchés, cette fois-ci, pour retrouver le responsable d'un cambriolage sanglant. Toutefois, les déductions de Wan entrent en contradiction avec le témoignage du mari de la victime...
Imaginez, un peu, l'atmosphère d'une enquête du Commissaire San Antonio menée par un "Sherlock Holmes" asiatique et une "Bruce Lee" occidentale ! Même là, vous êtes encore loin de ce que peuvent être les aventures de ces deux fins limiers.
"Wan & Ted" s'inscrit dans la veine des polars à l'ambiance burlesque. Les deux personnages de ce roman, aussi originaux qu'attachants, vous emmèneront au bout d'une aventure littéraire hors du commun.
Début février, je vous présentais "Wan & Ted" et l'univers de Kamash que je venais tout juste de découvrir.
Il s'agit ici du deuxième opus des aventures de nos deux détectives hors norme et c'est avec un plaisir absolu de les retrouver que je me suis confortablement installée pour démarrer ma lecture.
Alors, voilà, c'est officiel, je suis complètement fan de Wan et Ted et de l'écriture de Kamash.
Dans ce deuxième opus, deux enquêtes complètement différentes mais qui n'auraient pas trouvé de solution sans la ténacité de nos deux héros, heureusement assistés de Buzz, le super ordinateur.
La première enquête consiste a élucidé le meurtre de la fille de Madame Boulster et ainsi de retrouver le mystérieux cambrioleur qui a ôté la vie de cette jeune femme... parce que la police, représentée par le Commissaire Tremblay, patauge grave.
La deuxième enquête consiste à comprendre pourquoi Bubble, le poisson rouge, change mystérieusement de taille ce qui intrigue fortement sa petite maîtresse.
A côté de ces deux enquêtes policières rondement menées, il y a les échanges entre Wan et Ted qui me font mourir de rire et les jeux de mots de Kamash, tout aussi drôle que piquant.
Il faut aussi préciser que l'édition est superbe, agréable et pour vous en donner un petit aperçu, regardez donc l'annonce des chapitres :
Alors, laissez-vous convaincre, courrez vite visiter le site d'Oxymoron Editions, pour commander vos exemplaires de Wan & Ted.
Et puis, parce que Kamash sans Canelle, c'est inconcevable, rendez également une petite visite à cette dernière pour découvrir son univers tout en peinture et en poésie : L'univers de Canelle.
Fractale de Marin Ledun
Fin de journée à SAUDIS Corporate, cabinet de conseil en placement de produits financiers. Un message d'alerte incendie est lancé. Six employés, trois hommes et trois femmes, gagnent le troisième sous-sol, conformément aux indications. Ils pensent à un exercice de sécurité. Mais quand les portes de l'ascenseur se referment derrière eux, ils réalisent qu'ils n'ont plus aucun moyen de remonter. Commence alors une attente épuisante où l'exercice se révèle être un jeu sordide dont chacun devra trouver les règles pour survivre.
Il s'agissait pour moi d'une découverte de l'auteur Marin Ledun, dont j'ai très souvent entendu parler ces derniers temps.
Le sujet de ce livre m'a particulièrement interpellée puisque l'histoire se déroule au sein même d'une entreprise.
Imaginez :
Vous recevez un message vous indiquant une alerte incendie et vous demandant de respecter les normes de sécurité.
Après vous être mis en lieu sûr, vous constatez que vous êtes entourés de 5 de vos collègues, et que tous, vous représentez ce qui est considéré comme l'Elite de votre entreprise.
Très vite la question se pose :
Pourquoi vous 6 ??
Et le sentiment de malaise devient encore plus intense, lorsque les protagonistes constatent qu'ils sont coincés dans ce sous-sol sans aucun moyen d'en sortir.
Les conditions du huis-clos vont alors très vite faire ressortir ce qu'il y a de meilleur, puis ce qu'il y a de pire en eux... Jusqu'au dénouement final...
L'écriture est ciselée et noire, il faut dire que c'est une petite nouvelle de 90 pages, donc l'auteur ne s'embarrasse pas de descriptions superflues. L'histoire décrit un monde professionnel dur, et sans concession.
Après une telle lecture, je crois que je vais regarder mes collègues d'un autre oeil.
J'ai beaucoup aimé, et comme il s'agit également d'une création radiophonique produite par France Culture, je vous propose, en un petit clic, de l'écouter (pour provoquer, pourquoi pas, l'envie de lire)
Wan & Ted de Kamash et Jean-Marie Dutey
Wan est un jeune homme français d'origine chinoise, un peu enveloppé. Andrée-Nadine, alias Ted, est... une jeune femme. De cela, au moins, on en est sûr. Wan est un flemmard nourri aux aventures de Sherlock Holmes. Ted est une bosseuse dopée à Bruce Lee et Jean-Claude Van Damme. Wan est proche de sa trop nombreuse famille. Ted est solitaire. Wan fantasme sur la voisine d'en face, une blonde à gros seins. Ted fantasme également sur la voisine d'en face. Wan est détective privé, spécialisé dans l'investigation. Ted est détective privée, préposée aux arrestations musclées.
Tous deux forment Wan & Ted, l'Agence de chasseurs de primes. Célèbre ? Pas encore, mais, avec le potentiel des deux protagonistes et les capacités extraordinaires de Buzz, ordinateur poète surpuissant aux composants mystérieux, cela ne saurait tarder.
C'est sur la suggestion de Kamash, l'un des auteurs, que j'ai découvert ce polar original dans bien des domaines.
Pour commencer, les protagonistes sont loin d'être les héros habituels de polar. Wan et Ted sont complétement atypiques et lorsqu'on les découvre, on se demande bien comment des personnes aussi opposées peuvent bien travailler ensemble.
Ensuite, par le format de l'histoire. En fait, il s'agirait plutôt d'une succession de nouvelles basées chacune sur une enquête différente mais dans lesquelles nous retrouvons des fils conducteurs (Un rêve de Wan, une arrestation musclée, et la fin chez Ted).
Mais enfin et surtout, l'écriture est d'un loufoque, bourrée de jeux de mots et d'humour corrosif qui m'ont fait rire à chacune des pages.
Il faut aussi que je précise que le format de ce livre est vraiment agréable, la couverture souple et la taille de caractères permettent un très bon confort de lecture. Et la qualité de papier est plus qu'appréciable.
Si je vous ai convaincu de découvrir Wan & Ted, n'hésitez pas et allez vite faire un tour sur le site d'Oxymoron Editions... Pour ma part, je pense que la suite des aventures de Wan & Ted devrait arriver chez moi d'ici peu.
Esteb - Entre deux mondes de Karine Carville
Bonjour Amis Lecteurs,
Il y a quelques jours, je vous annonçais le grand bonheur que Karine Carville me faisait en me confiant son manuscrit pour une lecture en avant-première (pour vous rafraîchir la mémoire, c'était là).
Et bien voilà, c'est fait, j'ai le grand honneur de vous présenter :
Des braquages de bijouteries ont lieu dans la région parisienne.
Le commissaire Somme a l'instinct parfaitement aiguisé et toutefois, il est complètement désarçonné par le profil des braqueurs... profil qu'il n'arrive d'ailleurs pas à établir clairement.
Quand un nouveau est affecté à sa brigade, loin de lui permettre d'enquêter en toute sérénité, les questions se multiplient.
Qui est cet Esteb, parachuté "d'en haut" ? Pourquoi ne quitte-t-il jamais ses lunettes noires ? Et surtout, pourquoi semble-t-il dissimulé certaines informations ?
Et que lui trouve Sarah, jeune journaliste intrépide mais surtout belle-soeur du commissaire ???
Lorsque j'ai démarré la lecture de ce manuscrit, je m'attendais à un polar. J'avoue, j'avais peur de ne pas aimer, voir de me retrouver avec un navet dont j'avais promis à l'auteur de faire une critique honnête et sans langue de bois.
Et bien, quelle belle découverte, ça a été. C'est vrai, c'est un polar, mais c'est tellement d'autres choses aussi.
Karine Carville a réussi à mélanger avec brio les rouages de l'enquête policière classique avec un brin de fantastique qui m'a rappelé certaines lectures de mon adolescence (dont je tairais ici les titres pour ne pas spoiler).
L'écriture est vive et agréable. On s'imagine tout à fait une adaptation cinématographique, mais surtout, les personnages sont vraiment envoûtants.
D'ailleurs, c'est avec un réel plaisir que je retrouverais Esteb, et Sarah... si Karine Carville se décidait à leur faire vivre de nouvelles aventures.
Je tiens encore à la remercier pour ce cadeau de la rentrée. Je vous rappelle que la sortie est prévue pour le mois de novembre et que Karine Carville éditant à compte d'auteur, il faut absolument que vous passiez commande (clic)... surtout que Karine et sa Dream Team ont organisé un petit jeu concours tout à fait sympathique.
A bientôt pour d'autre découvertes...
Au fil des Morts de Gaëlle Perrin
Un mail, une pièce jointe : la photo d'une femme recroquevillée dans le coin d'une pièce sombre.
Un message l'accompagne : "Je t'offre celle-ci en cadeau. La prochaine... au chapitre suivant."
Mike Carpenter, professeur de criminologie à l'université de Boston, connaît bien la noirceur de l'âme humaine pour l'avoir côtoyée pendant de longs mois. Son livre au titre évocateur, "Comment devient-on tueur en série ?", est un succès lors de sa sortie en librairie.
Mais il ne se doute pas que dans l'ombre, on étudie ses écrits avec minutie.
Le professeur va se retrouver au centre d'un jeu où les chapitres de son livre s'égrènent au fil des morts. Le jeu commence. Les mots se transforment en cadavres.
La partie s'annonce sanglante...
C'est grâce à Sandra Martineau, dont je vous ai parlé il y a peu dans ce billet là , que ma route littéraire a croisé celle de Gaëlle Perrin.
Et vraiment, je ne le regrette pas parce que c'est une véritable très belle découverte.
Dès les premières lignes, je me suis plongée dans cette histoire en ayant qu'une envie : aller jusqu'au bout pour connaître le fin mot de cette histoire.
L'histoire est rythmée, visuelle (ça, j'aime beaucoup), bien écrite et l'alternance entre le récit des événements et le récit du tueur m'a permis d'avancer pas à pas vers le dénouement sans qu'à aucun moment je ne découvre le nom du véritable coupable.
Cette excellente découverte est la preuve, une fois de plus, qu'il est bon de sortir des sentiers battus des grands auteurs à succès pour découvrir les petits nouveaux parce que, parmi eux, se cachent aussi de vrais bons narrateurs...
Alors, qu'est-ce que vous attendez ???? hop hop hop, on clique là et on en commande un exemplaire... Si vous avez encore un doute, allez demander son avis à Totalybrune, elle finira de vous convaincre.
Quand reviendras-tu de Mary Higgins Clark
Désespérée par l'enlèvement de son petit garçon dans Central Park deux ans plus tôt, Alexandra "Zan" Moreland, belle et talentueuse architecte d'intérieur, se voit avec effroi soupçonnée d'avoir elle-même kidnappé l'enfant. Traquée par la police et les médias, Zan n'arrive pas à comprendre qui a intérêt à la faire accuser. Malgré la peur, malgré les doutes, la jeune femme, persuadée que son fils est toujours vivant, se lance dans une enquête qui pourrait bien mettre en péril sa vie et celle de ces proches...
Beaucoup disent que Mary Higgins Clark fait partie de ces écrivains qui produisent tellement que tout finit par se ressembler... Je dois avouer, ce n'est pas faux. Ses histoires sont souvent toutes montées sur le même schéma et c'est pour cela que je les achète et les lis à chaque nouvelle sortie. Juste parce que, pour moi, Mary Higgins Clark fait partie des auteurs- doudou, de ceux que je lis sans me poser de questions ni me prendre la tête... Et, quelquefois, ça fait du bien.
C'est donc bien confortablement installée que je me suis plongée dans l'histoire de Zan, absolument dévastée par la disparition de son petit garçon et que personne n'aide dans son enquête puisque tout semble indiquer qu'elle est la responsable.
Je trouve que Mary Higgins Clark a eu une période un peu moins intéressante, ses livres étaient vraiment les calques les uns des autres et finissaient par perdre de leur intérêt.
Ce n'est plus le cas avec celui-ci (quoique les deux précédents étaient pas mal du tout aussi) puisqu'elle a su me faire douter de l'identité du/de la méchant/e jusqu'à la fin. Le récit est rondement menée et j'ai retrouvée avec plaisir Alvira Meehan, l'ancienne femme de ménage devenue enquêtrice.
C'était un vrai plaisir de lecture, et ça mérite d'être dit... Du coup, je pense pouvoir affirmer que je continuerais de déguster les Mary Higgins Clark comme les petits bonbons acidulés qu'ils sont, et ceux, dès leur sortie.
Confiance aveugle de Sandra Martineau
La famille d'un célèbre mannequin est sauvagement assassinée. Seule Annabelle, la fille cadette, échappe au meurtrier. Dans sa fuite, elle est heurtée par une voiture et perd la vue.
Quatre ans plus tard, la jeune aveugle, aidée par une psychologue, tente une nouvelle vie. Inscrite à l'université de Saint-Brieuc, elle partage un appartement avec sa fidèle amie Léa et fait de nouvelles rencontres.
Dans le même temps, le lieutenant Morin enquête sur une série de crimes mettant en scène de splendides jeunes femmes blondes.
Et quand le meurtrier prend contact avec Annabelle, Morin comprend que les deux affaires sont peut-être liées...
Il s'agit du premier roman de Sandra Martineau et je dois bien avouer qu'il est déjà absolument bien réussi.
L'écriture est fine, alerte, efficace et surtout très visuelle. En effet, j'ai eu, à chaque scène, la sensation de voir les images défilées, ce qui est très agréable.
L'intrigue est "classique", enfin si l'on veut étant donné que l'héroïne a perdu la vue ce qui donne quand même une toute autre dimension à la façon dont on suit ses impressions.
En effet, j'ai ainsi pu appréhender avec beaucoup de curiosité les difficultés quotidiennes d'un non-voyant, et l'extraordinaire faculté du cerveau à se concentrer sur les autres sens pour compenser.
Sandra Martineau a réussi à me tenir en haleine jusque la fin puisque, malgré un petit doute sur l'identité du l'assassin, elle a continué de brouiller les pistes jusqu'au dénouement final.... et si comme moi vous êtes une fervente lectrice de polar, vous savez comme il devient difficile d'être surpris.
C'est grâce à FB que j'ai découvert Sandra Martineau. Et, au-delà de l'auteure, c'est une très jolie personne, douce, généreuse et gentille que j'ai rencontré.
Je tiens d'ailleurs à la remercier de nouveau pour la très jolie lettre qui accompagnait l'envoi de son livre mais également pour la superbe dédicace qui m'a invitée avec beaucoup de plaisir à entamer ce voyage en terre Bretonne aux côtés d'Annabelle.
Je sais que Sandra Martineau termine son second livre et je l'attend avec beaucoup d'impatience.
Amis Lecteurs, et Inconnus qui passaient par-là, j'espère que ce billet vous aura convaincu de laisser une chance aux nouveaux auteurs et de vous éloignez un peu des ""Grosses Pointures parce qu'il y a vraiment du très bon, du très très bon.
A tout bientôt pour de nouvelles lectures.
CéciBon
PS : Je voudrais également saluer la maison Liv'Editions, que je ne connaissais pas, et qui imprime sur un papier épais et de très belle qualité ce qui n'ajoute que du plaisir à la lecture.
L'Armée Furieuse de Fred Vargas
"- Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.
- C'est une association ?
- L'Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?
- Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.
- Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin? chuchota-t-elle.
- Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l'Armée furieuse, vous connaissez cette bande ?
Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc.
- Votre fille l'a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ?
- Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.
Veyrenc retint discrètement le comminnaire.
- Jean-Baptiste, vraiment, tu n'as jamais entendu parler de ça ?
Adamsberg secoua la tête.
- Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.
- Pourquoi ?
- Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse."
C'est un ami qui m'a fait découvrir Fred Vargas il y a quelques années de cela. Et c'est un sacré cadeau qu'il m'a fait là... Depuis, chaque fois qu'un nouveau tome sort, je cours à la librairie pour l'acheter.
Pour être tout à fait honnête, je ne saurais pas dire si c'est pour la qualité d'écriture de Fred Vargas (qui est excellente, hein, faut pas douter) ou si c'est pour retrouver Adamsberg.... Aaaah, ce Jean-Baptiste....Je ne saurais pourquoi mais vraiment quelle homme... peut être parce que il faut arrivait "[...] à faire coïncider ce nom réputé, en bien ou en mal, avec un homme aussi petit et d'aspect si modeste qui, depuis son visage brun jusqu'à ses vêtements noirs, lui paraissait disloqué, inclassable ou du moins inconforme."
C'est toujours un réel bonheur que de retrouver Adamsberg mais également toute son équipe : Retancourt l'exceptionnelle, Veyrenc le puit de science, Danglard le bizarre et Zerk le digne fils de son père. D'autant qu'ici, ce sont deux enquêtes qu'ils doivent résoudre et qu'elles ne sont pas des plus simples.
La galerie des personnages secondaires est également absolument succulente, à commencer par Momo-mèche-courte, fil conducteur des deux enquêtes.
Je me suis donc régalée à suivre les raisonnements alambiqués de mon enquêteur préféré et j'avoue que sa lenteur d'action et d'esprit agit sur moi comme un gros doudou en coton qui calme et apaise. J'ai juste à me laisser porter et ça, c'est bon.
Gueule de Bois d'Insa Sané
"La ville aime la chair. Elle s'accomode du jour, mais son truc c'est de baiser avec la nuit, parce que c'est dans le noir qu'elle se révèle. Excitante comme une pipe au fond d'une ruelle, elle nous promet l'amour, mais au final on n'est que de la baise. Ouais petit, on vient au monde dans la douleur et c'est tout ce qu'on laisse en partant."
Farrell, Sonia, Djiraël : tous croient à l'élection de Barack Obama. Qui sait ? la vie pourrait changer, jusque dans les banlieues françaises...
Farrell pourrait sortir du tryptique RER-Assedic-Plans-galère. Sonia pourrait devenir la nouvelle Marylin, -ou Loana, au choix-, sans mettre sa virginité sur le marché. Djiraël pourrait cesser de faire croire à sa mère qu'il suit le droit chemin malgré le racisme quotidien. Même les flics Tonton Black Jacket et Lait de Vache rêvent de changement !
Mais leur destin a tous bascule en même temps que celui du monde, quand le président de tous les espoirs est assassiné. Une certitude : la ville aime la chair, et quand les rêves s'effondrent, elle se régale.
C'est lors du dernier Polar à la Plage que j'ai acheté ce livre. A la lecture du programme du festival, j'ai de suite été interpellée par la biographie de l'auteur, Insa Sané qui combine de nombreux talents puisqu'il est à la fois comédien, slameur et rappeur avec son groupe Le Soul Slam Band et bien sur, auteur.... Je me suis donc de suite dit que son écriture devait être absolument différente de ce que l'on peut trouver en ce moment dans le monde du Polar.
Et bien, je n'ai pas été déçue... Il y a tout dans ce livre : le bruit et la lumière de la ville, la Fureur de la Cité, la Musique, les cris, les rires, le désespoir et l'Espoir....toute la vie de ces gosses coincés dans des quartiers qui ne leur laissent pas beaucoup d'autre choix que de devenir des racailles... tout en rêvant à tout autre chose.
L'histoire est bien construire, chaque chapitre donne la part belle à une personne ou à un ensemble de personnes et nous avançons vers la découverte de la solution à travers les yeux de chacun... Il y a beaucoup de rythme, tout va très vite... surement parce que ces héros ordinaires n'ont d'autre possibilité que de vivre à 100 à l'heure.
Il s'agit d'un troisième opus mais j'ai pu suivre l'histoire sans aucun problème.... Cependant, je peux d'ores et déjà assurer que je vais me procurer les autres volets très rapidement.
Le petit plus : avant de démarrer l'histoire se trouve une très belle play list qui donne un petit plus à la lecture... et qui m'a permis de découvrir beaucoup de choses (j'avoue que le rap, le slam, tout ça, c'est pas trop mon domaine) mais aussi de redécouvrir la très belle chanson de Nina Simone "Black Is The Color Of My True Love's Hair"
Vous l'aurez compris, j'ai aimé cette lecture... qui n'a fait que confirmer la très belle rencontre littéraire du dernier festival où l'auteur m'a en plus donné une dédicace extraordinaire... alors, encore une fois, Merci Monsieur Insa Sané.









