Cher Vous,

René est un poète, un écrivain à la plume magique et inclassable…

Dans ce roman, tout démarre comme un joli roman de blanche. Le Sud, le type qui se laisse vivre, qui coule des jours heureux. Il aime sa région, et surtout Isabelle, sa compagne.

C’est joli comme du Proust sans être soporifique ou laxatif… Désolé, je suis un de ces êtres incultes qui n’a jamais réussi à finir Du côté de chez Swan, pourtant j’ai récidivé avec À l’ombre des jeunes filles en fleurs, mais j’ai stoppé la lecture avant qu’elles ne fanent…

Donc, j’ai écrit une connerie, une de plus…

Frégni c’est beau comme du Giono…

Voilà, c’est mieux non ? Pis ça rime en plus…

Bref, René te trimbale dans sa région avec ses mots, c’est la tranquillité.

Puis arrive Kader. Kader qui vient de se faire la belle. Kader un voyou qui n’a pas froid aux yeux. Kader qui a des comptes à régler. Kader qui n’a personne, sauf René Frégni, le romancier qui donne des ateliers d’écriture en prison. Kader qui va chambouler, et pas qu’un peu la vie de René…

Parce que René Frégni, quand il écrit, il mêle la réalité, son imagination, la fiction, ce qui fait qu’au détour de certaines pages, tu ne sais plus où tu en es, vrai, faux, entre les deux ?

Puis il y a l’écriture, totalement aboutie.

Frégni, je l’ai croisé par hasard lors d’un salon, je ne le connaissais ni des lèvres,ni des dents comme dirait Béru… j’ai rencontré un vrai Monsieur, avec la majuscule, et un Écrivain, toujours avec la majuscule, de très grands talents… d’ailleurs, quand je serais grand, j’voudrais écrire aussi bien que lui, c’est te dire !

Pour en revenir au roman, n’hésite pas, comme tout ce que René a écrit, un type qui te prend la main dans la blanche, t’abandonne dans le noir, pour te faire finir son livre avec le sourire, mais l’œil un peu humide, c’est une denrée rare…

Stanislas Petrosky.

lesvivants
Les vivants au prix des morts de René Frégni
Gallimard
En librairie depuis le 4 Mai 2017
192 pages, 18 €

Folio
En librairie depuis le 17 Janvier 2019
208 pages, 6,80 €

Lorsque le douzième coup de midi tombe du clocher des Accoules, un peu plus bas, sur les quais du Vieux-Port, les poissonnières se mettent à crier : "Les vivants au prix des morts ! " Et chaque touriste se demande s'il s'agit du poisson ou de tous ces hommes abattus sur un trottoir, sous l'aveuglante lumière de Marseille... A Marseille, René n'y va plus que rarement. Il préfère marcher dans les collines de l'arrière-pays, profiter de la lumière miraculeuse de sa Provence et de la douceur d'Isabelle. 
Il va toutefois être contraint de retrouver la ville pour rendre service à Kader, un encombrant revenant. Kader qu'il a connu lorsqu'il animait des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes, belle gueule de voyou, spécialiste de l'évasion. Kader, qu'il voit débarquer un jour à Manosque traqué par toutes les polices, en quête d'une planque, bien avant la fin prévue de sa longue peine. Dès lors, il est à craindre que le prix des vivants soit fortement revu à la baisse... 
Commence un face-à-face entre le silence de l'écriture et celui des quartiers d'isolement, entre la petite musique des mots et le fracas des balles. Au fil de l'intrigue haletante, René Frégni entraîne le lecteur de surprise en surprise, tout en célébrant de son écriture brutale et sensuelle la puissance de la nature et la beauté des femmes.