plume et reflex

Mes Chers Vous,

Tout plein de souvenirs.

Des fêtes avec les potes, des soirées fortement arrosées où l’on refaisait le monde, on parlait liberté, des droits de l’homme, de notre avenir, puis on causait aussi de tout ce que l’on ferait avec le pognon que l’on gagnerait.

Puis le Che merde, ouais merde, on causait du Commandante !

Nous étions les maîtres du monde, le rhum nous rendait invulnérables, ses effluves nous emballaient l’esprit dans une brume merveilleuse, on se voyait tranquille, en train de siroter des verres au Buena Social Vista Club, on n’était pas loin de faire la guérilla, enfin presque... on cramait des talbins de 500 en tirant sur des Cohiba Behike 52, avec de superbes filles à la peau dorée, aux cheveux de jais qui faisaient tournoyer leurs jupes blanches juste pour nous. On arrivait à deviner leurs sexes sous le coton de leurs culottes…

Plus on s’enfilait de cuba libre, plus nous étions puissants !

Bref, plus on se bourrait la gueule au rhum coca, plus nous étions cons.

Mais je vous cause d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

Je vous cause des délires éthyliques d’un môme de dix-sept ans…

Puis un jour la vérité sonne à ta porte, elle t’envoie un bourre-pif comme dans les Tontons flingueurs…

Cuba Libre

Cuba c’est aussi ce type émacié, à la peau abimée, aux fringues difformes qui mendient dans la rue pour survivre. Il crève de pauvreté, mais il sourit…

Il sourit sûrement en pensant au petit con qui vient de vous poser sa prose, révolutionnaire de pacotille… 

Stanislas Petrosky.