lespassants

Les passants de Lisbonne de Philippe Besson
Julliard
En librairie depuis le 7 Janvier 2016
192 pages, 18 €

10/18
En librairie depuis le 19 Janvier 2017
165 pages, 6,90 €

Hélène a vu en direct à la télévision  les images d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis. Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de  rupture. Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler. Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l'être aimé ? Et le manque ? Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s'intéresser, de nouveau, aux vivants ?

Hélène est à Lisbonne parce qu'il faut bien être quelque part. Elle ne sort pas de l'hôtel, elle attend que le temps file et efface, peut-être, cette immense douleur qui a enseveli son coeur et son âme lorsque son mari n'est pas revenu d'un voyage d'affaire.
Autant Hélène est dans l'inaction et la passivité, autant Mathieu est à Lisbonne parce qu'il aime sortir, draguer, danser, embrasser, coucher... oublier !

Mathieu regarde Hélène, sur son transat. Elle l'intrigue par sa beauté éthérée et sa solitude. Il la croise chaque jour et finit par l'aborder.
Ensemble, ils vont, pas après pas, arpenter Lisbonne et mettre à nu leur chagrin.

"C'est curieux comme on compte sur les exils pour régler nos névroses et comme on doit convenir rapidement qu'ils ne règlent rien.
Au mieux, ils apaisent des névralgies.
Mais on part quand même, on repart quand même."

Avec ce seizième roman, Philippe Besson brosse douceur et subtilité le portrait de deux êtres en souffrance, sonde leur coeur, les fait voguer dans la Saudade puis, avec lenteur, les aide à remonter à la surface de la vie, à panser leur blessure, à apaiser leur douleur.

Et si ce roman pourrait sembler d'une extrême mélancolie, il est également et surtout un roman d'espoir et de renaissance. Derrière toute cette tristesse, toutes ces larmes impossibles à verser puisque personne n'est là pour les recevoir, il y a la possibilité de résilience, la force de vie, l'impossibilité de ne pas continuer de vivre.

Philippe Besson a ce génie de disséquer les coeurs avec respect et tendresse. Son écriture est fine, épurée, dense, musicale, poétique.

Les passants de Lisbonne raconte deux histoires incroyablement tristes et pourtant, on le referme apaisé, le sourire aux lèvres !

La première phrase :

"Il traverse le hall de l'hôtel, d'un pas lent."