Noces-revees

Des noces rêvées ne meurent pas de Jean-Pierre Cannet
Editions La Renverse
En Librairie depuis le 15 février 2017
97 pages, 17 €

"On se souvient l'avoir vu descendre des friches la première fois, hagard et crevant la faim. Le curé n'est pas près de l'oublier ; Chapital lui avait dit : c'est Rose-Monde. Et de Rose-Monde on ne sait toujours rien. On ne saura peut-être jamais. Cette femme-là c'est le ciel ou l'enfer, ou les deux à la fois ? (...)

Deux yeux brillent au fond d'une cage. Irrésistiblement Chapital s'en approche. La petite bête est toute jeune, pas plus grosse qu'un chat, sans doute à peine sevrée. Ce sont ses yeux, ils ont le dessin, la couleur surtout."

L'écriture déroutante de Jean-Pierre Cannet tisse des paysages chaotiques, poursuit des itinéraires intimes au carrefour des lumières : des vies fragiles et vibrantes témoignent ici d'une humanité qui se cherche et claque au vent comme la voilure d'un bateau. L'envie de vivre domine, la nécessité de partir en amour, et les destins se croisent pour mieux s'éclairer mutuellement. 
Un roman vibrant de poésie.

Chapital a perdu Rose-Monde, LA femme. Alors qu'il erre à sa recherche, il croise les yeux étranges d'un animal enfermé qu'il va décider de libérer et d'élever.
L'animal finit par reprendre sa liberté, Chapital continue son errance et crée un groupe de choristes qui vendra ses services pour remplacer les cloches hors-service.

Alors que la vie berce Chapital de droite et de gauche, de rencontres en rencontres, il ne parvient pas à oublier Rose-Monde, ni son Chin, toutes deux disparues et se mêlant dans son esprit.

"Des noces rêvées ne meurent pas,
alors comment en guérir ?"

Si l'écriture de Jean-Pierre Cannet peut déstabiliser au tout début de la lecture, elle finit par entraîner le lecteur dans un univers poétique et onirique et l'emmener aux confins d'une humanité profonde.

Un roman certes étrange mais d'une grande profondeur et d'une belle délicatesse qui sort des sentiers battus pour entrer dans des terres délicates et poétiques.

Un roman déstabilisant mais... beau !

La première phrase :

"Une femme qui s'est perdue, vous ne l'auriez pas vue ?"