Petrosky by Night

Mes très chers vous,

Vous vous souvenez certainement que j’ai, il y a quelques temps emmené Mademoiselle C. voir et écouter les Elmer Food Beat. Bien sûr que j’ai souri de voir sa surprise aux paroles licencieuses de ce groupe, bien sûr. Mais dois-je vous avouer que j’ai eu un peu honte ?

Que nenni, la honte je ne connais point !

Alors il y a peu, alors qu’une fois de plus nous devisions littérature, je lançais dans la conversation nonchalamment : 

—  Il y a Trust qui vient se produire au Magic Mirror…
—  A part Antisocial, je n’en connais aucune autre…
—  Oui, le tube, mais tu sais toi qui aimes Doré et Obispo, cela devrait te plaire…
—  En ce cas, je t’accompagnerai bien…

Oui, j’avoue mes très chers vous, parfois je suis un Odieux Connard

Bon il est vrai qu’à notre arrivée, voyant ses barbus aux faux airs de Hell's Angels dans la queue avant d’entrer, Mademoiselle C. avait capté l’embrouille…

Quant à moi, une fois Bernie arrivé sur scène, le premier riff de guitare balancé et sa voix rocailleuse qui entonne directement  L’instinct de mort

Là d’un coup, je n’ai pas loin de trente piges qui se barrent de sur mes endosses. Et je ne vous charrie pas, je peux vous dire que la voix, la pêche et la colère de Bernie n’ont pas pris une ride, ah Mes Très Chers Vous comme cela fait du bien. Un gouffre spatio-temporel dans lequel je me laisse glisser.

Mille-cinq-cent personnes qui reprenne le refrain, ça vous fout les poils !

L'état choisi ses cibles, éclaircit ses rangs.
L'ordre peut régner, de la mort, du silence.

Et là je regarde le batteur, je fais remarquer à Mademoiselle C. que c’est presque un gosse, si le leader a passer les soixante piges, il doit en être au tiers… Bingo, Christian Dupuy a tout juste vingt et un ans et c’est un véritable prodige…

Vous m’excuserez je n’ai pas trouvé de vidéo où l’on ne voit que lui lors d’un concert de Trust, alors…

Bien sûr on retrouve tous les classiques du groupe. Ces morceaux qui à l’époque ont formaté, avec d’autres, mon esprit rebelle et gaucho-anarchiste qui ne m’a pas quitté depuis.
Avoir enfin sur scène Trust jouer Le Mitard, cette chanson-là, c’est celle de ma découverte avec le groupe quand j’étais minot. Un pamphlet contre les QHS, sur la déshumanisation en prison :

Et n'a même plus son ombre.
Infidèle compagne, elle s'en est allée
Refusant d'être esclave de ce vivant mort-né.

Il tourne... il tourne et tournera toujours
Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé
Après avoir gémi en une unique plainte
Il tombera à terre et se laissera crever.

Fleury-Mérogis...

Un jour de septembre 1976
Où j'existais si peu
Que je n'étais même pas "personne"

 

Je ne vous mentirais pas, c’est plus une reprise d’anciens titres, mais Bernie a avoué qu’un album était en préparation, Trust revient !

Nous avons eu le droit à une nouveauté assez « rigolote » dont nous devions reprendre le refrain en cœur :

"La haine est une blonde qui surfe sur la vague marine !"

Vous aurez donc compris que l’engagement de Trust est bien sûr toujours le même.

Un seul défaut quand même à ce spectacle, c’est un tour de chants assez court, seulement une heure quarante rappels compris…

Le rappel, tout le monde l’a entonné, même Mademoiselle C., c’est logique, ils finissent sur LE tube…

J'ai fait un bon dans le temps.... Mais quelle soirée !

Stanislas Petrosky.