scarelife

Scarelife de Max Obione
Horsain
En librairie depuis le 1er Août 2016
250 pages, 9,00 €

Libéré sur parole après avoir purgé dix ans de pénitencier, Mosley J Varell coule des jours ternes dans un coin reculé du Montana. Il vivote en écrivant des scénarios de dessins-animés. Gougou le kangourou, c'est lui. Astreint à pondre des histoires à décerveler les mômes, on vient cependant de lui commander le scénario d'un biopic sur le romancier David Goodis. Un matin, il reçoit une lettre postée de Louisiane. 
Il a reconnu l'écriture, c'est celle de son père qu'il hait depuis toujours. Mais pourquoi Varell décide-t-il de partir le retrouver ? Ayant la phobie de l'avion, il entame une grande diagonale routière. La fatalité, un temps en sommeil, l'entraînera à ponctuer son périple de meurtres comme autant de cailloux blancs que Le Nain, un détective teigneux lancé à ses trousses, saura ramasser...

Il en faut des fois peu pour que la vie bascule... Pour Mosley, il aura suffit d'une lettre à l'encre bleue.

Il faut dire que l'auteur de cette lettre n'est pas n'importe qui. Il s'agit de son père, cet homme tant détesté, capable encore de déclencher des réactions épidermiques chez son fils, des réactions qui vont faire de nombreux dommages collatéraux... de très nombreux dommages collatéraux !

Sans doute parce que cette lettre aura ouvert une boîte à souvenir et

"En attendant la poubelle à souvenirs dégage une sale odeur de haine et de dégoût."

Max Obione excelle dans ce style si particulier qu'est la littérature noire. Avec Scarelife, il offre un road-book (!) dans le plus pur style grâce à des personnages ciselés en quelques mots, une écriture épurée et un rythme infernal.

Non seulement l'écriture est belle mais l'ensemble du périple de Mosley est visuel, voir même cinématographique.

Et si le lecteur se laisse entraîner dans cette aventure d'une violence souvent extrême, il lui faudra attendre le prologue pour comprendre pourquoi, ou plutôt les "pourquoi", il est nécessaire à Mosley de revenir "Tuer le Père".

Et en toute fin, si l'histoire ne vous a pas complètement rassasiée, un deuxième prologue livre une partie du manuscrit sur David Goodis rédigé par Mosley complétant ainsi le premier de façon subtil.

Un roman qui pourrait sembler court mais qui est tellement intense qu'il laisse sans voix !

La première phrase :

"- Eh ! Mos, t'es blanc comme linge, qu'est-ce qu'il y a donc dans cette fichue lettre ?"