L'Enfer

Parfois certains éditeurs passent des annonces pour des « partenariats ». Ils vous envoient des services-presse, vous devez lire, et si vous aimez vous chroniquez.

Comment vous dire, mes Très Chers Vous ?

Lorsque La Musardine a passé son annonce, je n’ai pu qu’accepter, la littérature érotique n’est pas une sous-littérature. Et quand j’ai proposé à Mademoiselle C. de créer l’Enfer, elle m’a dit banco !

Il fut un temps où je lisais beaucoup de BD Adultes… c’était il y a longtemps, par hasard, au coin d’une page de l’Écho des savanes, j’avais respiré le Parfum de l’invisible du grand Manara. Le virus était en moi.

Mais dans la bande dessinée érotique, voir plus, le souci c’est qu’il y a à boire et à manger. Des traits pas toujours jolis, des scénarii un peu limites souvent avec des gamines pré-pubères qui ont l’entre-jambe aussi lisse que le sommet de mon crâne.

Puis il y a des artistes comme Axel.

Le garçon fait tout, scénario et dessin. Et quels dessins !

Chaque vignette, ou presque est une petite œuvre d’art. Je ne saurais dire avec exactitude qu’elle est sa technique de travail, pastels, carré, aquarelle, encre ou un mix de tout cela ? Très certainement, mais surtout un rendu superbe.

Certains dessins mériteraient même d’être encadrés et exposés plutôt que d’être enfermés dans un album.

Un rapport sexuel filmé, une vidéo pornographique a toujours quelque chose de glauque, les gros plans, les couleurs, la lumière… Axel lui, prouve que de dessiner ce même acte c’est de l’art, c’est beau et pas vulgaire.

Mais dans la BD qu’elle soit pour adultes ou non, il faut aussi un scénario, une histoire, car si ce n’est que pour avoir une suite de dessins érotiques…

Axel nous conte l’histoire de Flavia, une belle femme de 44 ans. Il nous raconte Flavia et sa façon de gagner sa vie. Cette femme a disposé dans tout son appartement, chambre, salle de bain, des caméras. Elle s’exhibe, sans aucune pudeur, aux yeux de tous. Pas une bimbo aux seins surdimensionnés, au pubis glabre, non une vraie quadra.

Puis un jour Flavia rencontre Marco chez des amis. Elle sent comme des papillons naître au creux de son ventre, elle l’aime…

Si au départ faire l’amour face aux voyeurs amuse Marco, est-ce que cela ne risque pas de mettre à mal cette romance ?

Mais derrière cette bande dessinée, Axel pose la véritable question face à l’internet qui rentre chaque jour un peu plus dans notre vie via les réseaux sociaux et autres blogs : Qu’est-ce qui doit rester le plus secret ? L’intimité du corps ou celle des sentiments ? Qu’est-ce qui est le plus facile à exhiber ?

Une réponse, peut-être, dans ce bel album réservé aux adultes…

Stanislas Petrosky

lachambredeverre
La Chambre de Verre d'Axel
Dynamite, Collection Canicule
En librairie depuis le 19 Janvier 2017
62 pages, 17,90 €

Flavia, 44 ans, n'est pas une femme comme les autres : sa vie, elle la gagne en restant chez elle, nue devant les dizaines de caméras de son site Internet. Flavia est une camgirl qui ne cache rien de son intimité à ses admirateurs. Enfermée dans sa "chambre de verre", elle se sent en sécurité. Sa rencontre avec Marco, un homme plus jeune qu'elle, chamboule ce quotidien réglé.
Acceptera-t-il de partager leur idylle avec les internautes ? Les sentiments qui les lient fissurent la chambre de verre, mais sont-ils assez forts pour en briser les murs ? Une histoire simple et crue, sensuelle, où l'auteur dépeint des personnages étonnamment complexes – des personnages comme vous et moi. 

Axel traite avec subtilité de sujets brûlants, l'exhibition, l'amour, le sexe, l'estime de soi, dans une bande dessinée aussi érotique que sensible.