plume et reflex

Ma Massaï... Cette tribu qui a gardé un bout de mon coeur.... 

Que vois-tu, toi, mon Cher Petrosky ?

La Massaï

Le Lion…

Le lion de Joseph Kessel…

C’est lui que je vois dans le regard anxieux de cette femme Massaï. Et si cet enfant dans ses bras c’était Oriunga, le futur guerrier qui devra passer le rite pendant lequel le Morane doit tuer un lion pour prouver son courage.

Ce n’est que légende. Ce rite n’a jamais vraiment existé que dans les brochures touristiques.

Affronter le roi des animaux, le combattre à mains nues, ou simplement à l’aide d’une sagaie, c’est sûr que cela fera de lui un homme.

Mais c’est une légende.

Alors pourquoi tant d'anxiété dans le regard de cette femme ?

Parce que son peuple est en train de crever à petit feu ?

Que la communauté internationale, outre le Canada peine à bouger son cul ?

Parce que le SIDA commence à faire des ravages ?

Parce qu’une partie importante de leurs terres traditionnelles leur ont été spoliées soit par des particuliers pour y agrandir leur domaine, soit que l’état les a trahis dans le cadre de plans gouvernementaux ou de création de parcs nationaux ?

Voir pire encore, des concessions de chasse pour que les occidentaux débordant de fric viennent flinguer la bête sauvage, poser fièrement le pied sur la carcasse encore chaude d’un animal qui n’avait aucune chance d’échapper au tir d’une arme de guerre.

Je suis certain qu’au fond d’elle-même, en fin de compte, elle préférerait s’inquiéter de savoir si son petit sera un jour assez téméraire pour tenter de terrasser le lion, à la loyale, juste avec une simple sagaie…

Stanislas Petrosky

Kessel