Les avis de Petrosky

Très Cher Vous,

vous l’avez dorénavant compris, pour moi, Frédéric Dard est Dieu, surtout du côté littéraire.

Frédéric DARD, ce n’était pas que San-Antonio, même si c’est ce que le grand public a le plus retenu de sa carrière d’écrivain. Non, il y avait entre autre les romans noirs, et souvent dans ce genre-là, Dard aimait à jouer avec l’amour, avec la triangulaire amoureuse : le mari, la femme et l’amant ou la maitresse, c’est selon.

« Commercial dans l’industrie chimique, Blaise n’aurait jamais dû rester une minute de plus dans cette petite ville de province dénuée de charme. La promesse d’embauche qui avait motivé sa venue ayant échoué, il lui suffisait de reprendre son train. Mais la monstrueuse machination du hasard allait en décider autrement…

En voulant jouer au chevalier servant pour les beaux yeux d’une blonde, la délicate et secrète Madame Castain, le voilà soudain pris au piège. Tourneboulé par un coup de foudre aussi inattendu que dévastateur, il se laisse convaincre par son mari, riche notable et croque-mort de son état, de travailler dans son entreprise de pompes funèbres. Après tout, c’est là un métier comme un autre… »

Nous allons donc avoir un homme, Blaise Delange, qui va se laisser convaincre par Achille Castain, le patron de pompes funèbres, de devenir ce que l’on nomme maintenant assistant funéraire, ce qui fait moins négligé que croque-mort, j’en conviens. Et Delange va devenir un très bon collaborateur, ce qui va faire la joie de Castain et de ses finances, car il est homme d’argent. Seulement, il n’y a pas que dans le funéraire que Delange excelle, il excelle aussi dans le lit et le cœur de Germaine Castain, la femme d’Achille.

Castain est 15 ans plus vieux que son épouse Germaine, loin d’être aux petits soins pour elle, sa position de riche notable, de bourgeois de province est plus importante à ses yeux que d’être un mari attentif. Delage arrive donc tel un prince charmant dans la vie de Germaine qui s’éteint à partager sa vie avec un homme qui se laisse même parfois aller à la violence.

Une relation amoureuse autant fusionnelle que dévastatrice, seulement l’amour ne fait pas bon ménage à trois…Un base simpliste pour un roman noir, le triptyque amoureux. Une des plus grandes sources d’inspiration pour Frédéric Dard comme je l’ai déjà dit. Et une façon de tuer qu’il a toujours su manier avec brio : le crime passionnel.

Un roman noir de cet acabit vous prouve que le talent, ce n’est pas forcement d’imaginer un monstre psychopathe qui va découper ses victimes dans d’atroces souffrances au fil des pages. Non une simple « coucherie » suffit pour écrire une pépite. Pas besoin d’un criminel aguerrie, juste la vie et le grain de sable qui tombe dans le rouage des habitudes.

Un livre magnifique, je ne peux que vous encourager à découvrir ce titre, ainsi que tous les autres, réédités au fur et à mesure chez Pocket, (commencé par Fleuve Noir au début).

Et comme les disait les Rita Mitsouko : Les histoires d’amour finissent mal en général… Mais ne sont-elles pas les plus belles et celles qui vous marquent à jamais ?

Stanislas Petrosky

lepaindesfossoeyrsu
Le pain des fossoyeurs de Frédéric Dard
12-21
En librairie depuis le 12 Septembre 2013
120 pages, 7,49 €

De passage dans une petite ville, Blaise Delange, chômeur, tombe dans une cabine téléphonique sur un portefeuille perdu.
D'abord tenté d'en conserver le contenu, Blaise se ravise et va rendre l'objet à sa propriétaire. Il s'agit de Germaine Castain, âgée de 28 ans, dont le mari, Achille, de quinze ans son aîné, dirige l'agence de pompes funèbres locale.
Passés les remerciements d'usage, Achille, à la recherche d'un assistant, finit par proposer le poste à Blaise. 

Celui-ci se révèle être un excellent croque-mort et un non moins excellent amant pour Germaine...