Les avis de Petrosky

Mes Très Chers Vous,

au moment où toute l’intelligentsia se rue sur l’œuvre de celui que l’on nomme «divin marquis», Monsieur Donatien Alphonse François de Sade, et le considère comme un libre penseur, un précurseur et un défenseur de la femme, un hédoniste, un érotomane poétique, un homme s’oppose à cela, et pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Michel Onfray.

Que les choses soient claires dès le départ, je n’ai jamais été un grand amateur de Sade, j’aime la littérature érotique, ça je ne m’en cache pas, mais là… J’ai un jour commencé à lire les 120 journées  de Sodome, j’ai bien vite lâché ce livre qui n’est autre à mes yeux qu’un dictionnaire des paraphilies les plus infectes, et puis tant de violences gratuites, cela me répugne au plus haut point. Du cul, oui, mais avec un peu de tendresse et de respect, c’est mieux non ?

J’avais retenté l’aventure en BD avec Pichard et Juliette de Sade et plus tard avec les crimes de l’amour, je n’ai toujours pas adhéré à ce plaisir dans cette violence extrême.

Michel Onfray va loin, très loin pour expliquer l’œuvre du Marquis. L'introduction de son livre est sur Ilse KOCH, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais cette «charmante» personne a marqué son nom dans l’histoire grâce à une de ses passion : les objets en peau humaine. Elle est plus connue sous le pseudonyme de «la chienne de Buchenwald». Elle fut la maîtresse du commandant du camp de Buchenwald. Réputée pour sa cruauté envers les prisonniers dont elle se plaisait à avoir leur vie entre ses mains.

Onfray retrace une courte bio de cette femme, décline sa vie en chapitres, et démontre un roman sadien, je cite :

"[Tout s’y trouve : l’association de l’érotisme à la mort ; la jouissance dans la souffrance infligée ; l’abolition du bien et du mal ;
le crime comme jubilation ; l’accumulation de dépravations ; les rituels de l’orgie ; le caprice et l’arbitraire du prédateur faisant la loi ;
le catalogue de perversion ; exhibitionnisme et voyeurisme thanatophiliques,
multiplication des humiliations, enchaînement des tortures, etc.
]

Et là, je me souviens de ce que j’ai lu de Sade, de ce qui m’a choqué, et Onfray a raison.

Sur les 180 pages de son essai Michel Onfray démonte le mythe Sade, pièce par pièce, que cela soit les honneurs qui lui ont été fait par Apollinaire, Breton etc. Tous, il les reprend point par point et les détruit un par un, pour arriver à une théorie que je vous laisse découvrir.

Onfray, prend un malin plaisir à passer à la moulinette un des maîtres, pour certains, de la littérature du XVIIIème siècle, il descend de son piédestal une idôle en place et s’oppose à la doxa bien-pensante.

Un essai que je qualifierai de pamphlétaire…

Stanislas Petrosky

lapassiondelamechanceté
La passion de la méchanceté - Sur un prétendu divin marquis de Michel Onfray
Editions autrement
En librairie depuis le 27 Août 2014
180 pages, 13 €

Pourquoi Sade qui fut, au dire même de ses hagiographes, coupable de séquestrations, de viols en réunion, de menaces de mort, de traitements inhumains et dégradants, de tortures, de tentatives d'empoisonnement, fut-il porté aux nues par l'intelligentsia française pendant tout le XXe siècle ?
De Breton à Bataille, de Barthes à Lacan, de Deleuze à Sollers, tous ont vu en lui un philosophe visionnaire, défenseur des libertés, un féministe victime de tous les régimes?
Fidèle à sa méthode, Michel Onfray croise la vie, Louvre et la correspondance de Sade. 

Romancier, il n'y aurait rien à redire à ses fictions ; mais Sade se réclame de la philosophie matérialiste, mais il laisse une place possible à la liberté, puis fait le choix du mal. Dès lors, cet homme triomphe moins en libérateur du genre humain qu'en dernier féodal royaliste, misogyne, phallocrate, violent.