unesecondedetoutebeauté

Une seconde de toute beauté de Frédéric Dard
Fleuve Noir, format Poche
En librairie depuis 7 décembre 2000
224 pages, 5,95 €
Pocket
En librairie depuis le 26 février 2015
217 pages, 6,30 €

Qui était en réalité Héléna, retrouvée morte, le revolver de son père à son côté ? Pour ses parents, c'était une fille aimante et joyeuse, pour son mari, une épouse ardente et passionnée, pour son ami et confident, une femme insatisfaite et solitaire, qui se disait «malheureuse parce qu'elle n'aimait personne». S'est-elle suicidée, s'agit-il d'un meurtre, ou d'un accident ? Les acteurs de ce drame s'affrontent au cours d'un violent et pathétique huis clos, dans la recherche désespérée de la vérité...



Une seconde de toute beauté
, c'est avant tout un cadre, une atmosphère, un paysage. Il y a cette campagne qui isole un peu mais qui peut être parcourue à vélo, dans laquelle il est possible de croiser un voisin, installé à peindre, qui permet de voir sans être vu, qui permet de se rencontrer en toute discrétion...

Une seconde de toute beauté, c'est surtout cette famille macédonienne, expatriée, recluse sur elle-même et composée de fortes personnalités.
Angelo et Elisabeth, les parents, mènent tout le monde à la baguette et ont des idées colonialistes très arrêtées. Tonton est paraplégique, dépendant des uns et des autres et légèrement porté sur la boisson. Clémentine, la petite soeur, pleine de vie et de fraîcheur n'est écoutée de personne du fait de sa jeunesse. Hernando, le mari, est violent, colérique, jaloux, et impulsif.

Et puis, bien sûr, il y a Hélèna, retrouvée morte, le pistolet de son père à son côté sans que personne ne comprenne bien pourquoi !

Et c'est alors que chaque membre de cette famille va donner sa vision d'Hélèna. Pour certains, elle était vive et enjouée, pour un autre amante et aimante, pour l'une plein de secrets, pour d'autres on lisait en elle à livre ouvert.

Mais alors, qui était-elle réellement ? Quelle relation entretenait-elle avec leur voisin ? Pourquoi se serait-elle donné la mort ? Qui connaissait réellement Hélèna ?

Dans ce huis clos terrible, violent, triste, tragique, Frédéric Dard dissèque les relations familiales, les relations amoureuses, les relations fraternelles.... tout ce qui compose un individu sociable.

"- Il n'y a que le bonheur qui unisse les gens, continua-t-elle. Un moment, rien qu'un moment, l'espace d'un éclat de rire !
Tandis que le malheur, lui, sépare. Et il ne sépare pas seulement les gens les uns des autres,
mais il les sépare aussi d'eux-mêmes"

Un texte d'une grande intensité qui rappelle que ceux qui se targuent de nous connaître à la perfection sont bien souvent loin de la vérité.... et les plus faciles à duper.

Un texte qui rappelle surtout qu'il n'y a de ces secondes dans une vie dont l'intensité ne se trouve que dans les yeux, de ces secondes qui se vivent les yeux grands ouverts pour être de toute beauté, de ces secondes que l'on n'oublie plus jamais et deviennent éternelles !

 

La première phrase :

"Lorsqu'il était enfant, il attendait toute la journée que sa vache ait mangé l'herbe galeuse d'une talus pour pouvoir boire son lait,
et, un jour, il s'était demandé s'il n'existait pas un autre moyen que la vache pour transformer l'herbe en lait.'"