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Bonjour Stanislas Petrosky,
Merci infiniment de passer un moment avec nous.

C’est moi qui vous, te, je ne sais comment dire, remercie, il est toujours agréable d’être en compagnie d’une jolie femme…

Mais, finalement, qui êtes-vous Stanislas Petrosky ?

Je me plais à dire que je suis un dealer d’émotion, la peine, la peur, la joie, le rire, le dégoût, l’excitation… Selon le roman, le style, un auteur est là, à mon humble idée, pour faire circuler les émotions, si elles ne circulent pas, c’est que le roman est raté. Mais nous ne sommes aussi que des mythomanes, des menteurs qui jouons avec les mots.

Si vous voulez bien, j’aimerais entrer dans votre intimité d’écrivain. Pouvez-vous nous montrer votre bureau ?

bureauPetrosky

Vous avez la photo…Je sais un beau bordel, des livres, des notes, des photos et un grand écran qui fait aussi de la musique, le tout dans un sous-sol aménagé, entouré de ma bibliothèque…

Et nous dire quelles sont vos habitudes d’écriture (horaire, environnement…) ?

Je préfère écrire le matin, très tôt, avec un fond musical, je n’aime pas le silence, vers 6h00, voire un peu avant selon mes insomnies, c’est l’horaire où je suis le plus productif. Souvent dans mon bureau, mais l’avantage de l’hyper connexion et des serveurs en ligne, on peut travailler partout, que cela soit sur l’ordi du bureau, le portable, la tablette, voir le téléphone. En fait je préfère le matin, mais je sais m’adapter selon ce que l’on m’offre de temps.

 Alors que sort votre troisième roman, on peut dire que vous êtes un jeune auteur. Quel a été le déclencheur à votre envie d’écrire ?

Il y a bien longtemps que j’écris, des départs de romans, des nouvelles, des chroniques, des piges… Mais pour faire un roman, il faut être prêt, il faut avoir appris à écrire, il faut se réciter les vers fabuleux de Rainer Maria Rilke :

« Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers. »

Voilà pour écrire, il faut de l’imagination, certes, mais tout est dit dans ce texte, il faut avoir ressenti les choses, profondément et sincèrement.

Et surtout, que représente l’écriture pour vous ?

Tout d’abord un plaisir, voir une drogue, j’ai besoin d’écrire, des textes simples, des romans, des nouvelles, j’ai besoin de coucher mes pensées, mes états d’âmes, mes envies et mes désirs sur le papier.

Et puis comme tout auteur j’ai aussi un ego, alors j’ai envie d’être lu, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi, qu’elles m’admirent qu’elles me huent, qu’elles s’arrachent ma vertu… d’ailleurs cela ne vous tente pas ?

Pardon, veuillez m’excuser…

Voilà, l’écriture est un exutoire qui me permet de dire, de faire, des choses que je n’ose pas dans la réalité.

« Je m’appelle Requiem et je t’… » part à la rencontre des lecteurs. Qu’éprouvez-vous à la sortie de ce roman ? (Crainte ? Bonheur ? Inquiétude ?)

La peur de l’accueil du public, je me présente sur un nouveau style, rien à voir avec mes précédents romans. Et en plus je sais que je vais être jugé, voir vilipender, je marche dans les plates-bandes du Dabe, je m’inspire de mes « maîtres » Frédéric Dard, Audiard… Et ceux qui les vénèrent sont intransigeants sur ce que l’on fait à la manière de, et ils ont bien raisons. Donc très chère, autant vous l’avouer, je serre les miches, vous me mettez un olive dans la raie culière que je vous sors deux litres d’huile vierge première pression à froid…

Ce roman est très influencé par San Antonio, Audiard…. Est-ce que vous ne craignez pas le retour de la critique littéraire ? Y prêtez-vous beaucoup d’attention ?

On revient à ce que j’ai dit au-dessus… bien sûr que l’on fait très attention aux critiques, surtout si elles sont fondées. Je sais très bien que les blogs, les sites, les journaux, les émissions radios et tv sont là pour porter un livre sur le devant des tables de libraires, ou l’emmener directement au pilon.

Je ne crois pas une seule seconde à ces gens qui disent écrire pour rien, qui se foutent d’être lu, et qui « sodomisent à sec avec une pelle de gravier N°6 » les critiques littéraires. Si on écrit c’est pour être lu, si un éditeur nous fait confiance, c’est à nous de faire du bon boulot, de nous faire repérer et d’avoir bien bosser pour avoir un maximum de retour positif !

Vous remarquez comme je prends soin des bloggeuses ? Vous faites quoi après l’ITW ?

Encore merci de nous avoir consacré quelques minutes, je vous laisse le mot de la fin pour nos visiteurs.

RESPECT, un mot que l’on a tendance à oublier, pas toujours facile d’ailleurs, faire rire de tout, mais en respectant. Si ce mot était moins galvaudé, peut-être moins de problème dans le monde… Je sais ça fait sérieux et mec qui se la pète, en fait j’ai hésité entre respect et cunnilingus (toujours finir en faisant plaisir aux dames, c’est ça être gentleman), mais je me suis dit que j’avais un certain standing à avoir.