potens



Potens d'Ingrid Desjours
Chez Plon depuis le 2 septembre 2010
215 pages, 12,99 €
Chez Pocket depuis le 9 juin 2011
372 pages, 7,30 €

Club de surdoués ou rassemblement de détraqués ? La frontière paraît bien fine pour Garance Hermosa. La psycho-criminologue a infiltré Potens, une confrérie de génies, pour résoudre un crime. Celui de Charlotte, membre du cercle, ébouillantée puis poignardée à mort. Mais Garance joue un jeu dangereux. Ces hauts QI excellent dans l'art de la manipulation, de l'intimidation et du chantage. Et la jeune femme garde en elle certains souvenirs douloureux qui pourraient bien la faire couler à pic. 
Car au club Potens, l'intelligence est plus affûtée qu'une lame de couteau.





Potens
est le second roman d'Ingrid Desjours et propose une descente inquiétante dans le milieu des Intelligences Supérieures, des Surdoués... bref des Gens Hors Norme.

Le premier chapitre, écrit à la première personne, plonge directement le lecteur dans un certain malaise qui ne le lâchera probablement plus jusqu'à la fin.
Ces quelques premières pages narrent le meurtre de sang froid de Charlotte tel que son assassin le vit, le voit, le ressent....

Bien sûr, ce meurtre sera découvert... Bien sûr, il va y avoir une enquête... Et bien sûr, c'est à une personne amochée de la vie qu'il va échoir de résoudre cette énigme.

Jusque là, me direz-vous, la trame de ce thriller est plutôt classique...

Certes, toutefois, ce n'est pas un enquêteur de la police que le lecteur va suivre mais Garance, une psycho-criminologue, qui va utiliser son QI hors-norme pour mener l'enquête...
Et si elle est convaincue de pouvoir résoudre cette enquête, elle n'a pas prévu de s'y brûler les ailes et de devoir prendre de plein fouet son histoire personnelle !

Et c'est à la fois dans un jeu du chat et de la souris, mais également dans une lutte contre ses démons personnels, que Garance va devoir se lancer.

Ce roman d'Ingrid Desjours, dès les premières pages, n'est pas sans rappeler l'excellent roman de Bernard Lenteric,  La nuit des Enfants Roisun peu comme si le lecteur retrouvait les adolescents de Lenteric devenus adultes et s'étant de nouveau regroupés dans un club très privé appelé Potens.

Ainsi, Ingrid Desjours crée une série de personnages d'une intelligence extrême, mais également d'un ego extrême, d'une manipulation extrême, d'un mal-être extrême... comme si l'intelligence à ce point ne pouvait être autre chose qu'un handicap... comme si cet excès d'intelligence les rendait inhumains !

Ils sont alors dénués de toute compassion, de tout humanisme et incapable, par conséquent, de relations normales :

"Le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine,
mais bien cette indifférence méprisante qui,

comme la plus cuisante des insultes,
vous rabaisse et vous réduit au silence."

Et si ce second roman peut sembler légèrement brouillon par moment, il a surtout la qualité d'annoncer le talent d'Ingrid Desjours pour offrir à son lecteur à la fois une histoire originale, passionnante et une écriture qui peut tour à tout être poétique

"Elle était à bout de forces, à bout de souffle, en bout de course."

comme crue et percutante 

" - Et que me donnes-tu en échange ?
Mon cul. Sans limite. Et un enfant ..."

Avec Potens, Ingrid Desjours ballote son lecteur entre petites perfidies, froideur des coeurs et émotions complexes... Assurément, il en essortira comme K.O.

 

La Première Phrase :

"Aller jusqu'à toi c'est me perdre un peu plus."