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L’ENCRE ET LE SANG de Franck Thilliez et Laurent SCALESE
Editions Pocket N° 14546
Juin 2013 Puis Déc. 2014
119 pages

William Sagnier, écrivaillon un peu raté, arrive à Hong Kong, bien décidé à tuer son ex et son amant : Cassandra et Jack Malcombe. Ceux-ci lui ont volé son manuscrit qui est depuis un énorme succès international. Par hasard, William tombe sur une vieille machine à écrire aux pouvoirs étranges : tout ce qu’il écrit se réalise. Profitant de l’occasion, William décide de faire souffrir les amants en se servant de leur faiblesse : Cassandra vieillit prématurément, tandis que Malcombe perd tout son prestige. Mais petit à petit, William ne semble plus contrôler la machine. Et pour cause, c’est en fait Malcombe lui-même, qui ayant trouvé cette machine en premier, dirige les faits et gestes de William… Et pour en être libéré, il doit attendre que la machine choisisse un autre propriétaire.

J’ai pour habitude d’acheter mes livres en librairie ou chez les soldeurs, occasionnellement sur le web  mais je ne suis pas le genre de type à glisser un livre dans son caddie lorsqu’il fait ses courses. Tant d’autres pratiquent !
Là je ne sais pas ce qu’il m’a pris, un syndrome soudain et inconnu, certainement !
Après le somptueux Julius Winsome, avec ce livre écrit à quatre mains, je fais une escale en France ou plutôt à Hong Kong avec le duo Thilliez – Scalese.

Hong-kong, ville fourmilière accueille en son sein William Sagnier assoiffé de vengeance après que sa femme se soit dérobée à leur amour en se faisant la belle avec un sulfureux Jack Malcombe. Malcombe auteur à succès malgré lui après que sa nouvelle conquête ait subtilisé le manuscrit de Sagnier.
Knock out total dans le système central de l’homme qui, névrosé, souhaite mettre fin à ses jours. Malcombe est comblé de gloire et de fric dans sa villa d’exception sur les hauteurs de la mégalopole tandis que la détresse s’accentue chez l’écrivaillon en manque de reconnaissance.
Un premier projet de vengeance avorte trop rapidement. Sa technique et son expérience de tueur ne sont pas vraiment au point.
Donc retour à la case départ, avec peu de dollars de Hong-Kong en poche.
Une stupéfiante rencontre bouleversera sa vie. Une  Oliver hors d’âge siégeant dans une échoppe avec pour seuls mots d’inscrits sur la feuille l’incombant "I’m yours ! " William l’achètera donc  avec ses dernières économies en négociant dur. Il aura pour idée en tête qu’avec une corde, cette machine ferait bien le contrepoids lorsqu’il se jettera dans les eaux locales afin de mettre un terme à sa vie. 

Seulement il en sera tout autre. Cette machine à écrire aura le don de transformer les mots en réalité. Un pouvoir magique en quelque sorte. De là notre homme désemparé ô possible abandonnera son projet morbide afin de se concentrer sur une extravagante machination mettant en situation Cassandra Brandstrom et l’exubérant Malcombe.

La belle et le bête.

La vengeance est un plat qui se mange froid et le vent semble avoir tourné pour les deux parties grâce à cette heureuse trouvaille dans les ruelles grouillantes de Hong-Kong.

Cette novella fantastique a été à mes yeux un pur moment de divertissement, pas assez intrigante à mon goût malgré une bonne  matière à développer. Donner les pleins pouvoirs à un objet peut faire changer des faces au monde.
Les auteurs se sont contentés de rester dans un contexte unique. Certes, il y a quelques rebondissements avec des péripéties à la clé. Le côté « trop » fantastique de ce court roman m’a plutôt fait sourire tellement l’exagération et le rocambolesque sont présents.
Très certainement des lecteurs ont dû  faire des éléments de comparaison avec Stephen King et particulièrement à Christine dans le style d’écriture proposé par les deux auteurs. Je n’irais pas jusqu’à là même si c’est le but recherché par les quatre mains…Bref c’est pas ma came, peut-être serait-ce la vôtre ? 

Du coup, s’il revient, je serais plus prudent « Next time » avec ce foutu syndrome.

Bonne lecture.

Bruno

machine à écrire

 Extraits :

« Jack s'installa derrière une table, le visage à moitié caché par les piles de "Bloody Sea". La foule s'amassait. Jeune, compacte, féminine. Un harem de lectrices émerveillées, serrant leur exemplaire contre leur poitrine. L'intérêt que les femmes portaient aux frissons et à l'horreur avait toujours étonné Jack : pire c'était, plus elles aimaient. »

« Un prolongement de la société et de ses inégalités. Les pauvres en bas et les riches en haut. Pour les pauvres, la chaleur, le vacarme, la pollution, la promiscuité. Pour les riches, l'air frais, le calme, les pentes verdoyantes, les vallées boisées, l'impression de toucher le ciel et les dieux. »

« Un prolongement de la société et de ses inégalités. Les pauvres en bas et les riches en haut. Pour les pauvres, la chaleur, le vacarme, la pollution, la promiscuité. Pour les riches, l'air frais, le calme, les pentes verdoyantes, les vallées boisées, l'impression de toucher le ciel et les dieux. »

« Croire qu'on est un écrivain ne signifie pas qu'on en est un. »